vendredi 11 novembre 2011
11 novembre : la fleur au fusil
Nous nous suicidons.
crise de la dette : les gouvernements tombent un à un
La crise de la dette décapite un à un les gouvernements de la zone euro, signe de son ampleur et du désarroi des politiques incapables de sortir du piège dans lequel ils se sont engouffrés depuis des décénies.
Depuis l’an dernier, sur les dix-sept pays qui utilisent la monnaie unique, plus du tiers a vu son dirigeant être poussé vers la sortie.
Entre la pression des marchés, celle des autres pays et l’impopularité de leurs mesures de rigueur, les chefs de gouvernement, de droite comme de gauche, sont balayés les uns après les autres.
IRLANDE

qui dominait la vie politique depuis 80 ans.
Le plan d’aide qu’il avait conclu en 2010 avec l’UE et le FMI avait été vécu comme une humiliation pour le pays.
PORTUGAL

SLOVAQUIE
En Grèce, le Premier ministre, Georges Papandréou, a annoncé officiellementsa démission hier. Il a adressé tous ses «voeux de réussite» à son successeur,dont le nom devrait bientôt être annoncé.Papandréou a été contraint à la démission après avoir créé la panique la semaine dernière sur les marchés en annonçant la tenue d’un référendum sur le plan d’aide à la Grèce.Ce vote visait à légitimer l’action d’un gouvernement très impopulaire : il a été abandonné.
ITALIE

Berlusconi. Mais il aura sombré à cause de la crise et des graves risques de faillite qu’elle fait courir aux Etats. Surveillé par le FMI et la BCE, son pays, accablé par une dette de 1 900 milliards d’euros, n’arrivait plus à convaincre de sa capacité à mettre en oeuvre les réformes nécessaires. Le président du Conseil, qui a perdu la majorité au Parlement avant hier lors d’un vote test, a confirmé hier qu’il quitterait son poste lorsque le Parlement aura adopté – a priori ce weekend – des mesures budgétaires promises à l’Union européenne.
Quelle est la situation dans les autres pays de la zone euro ?
SLOVENIE
pour remplacer le gouvernement de Borut Pahor.
En 2011, la dette s'élève à 86,2% du PIB. Le service de la dette devient en 2011, pour la première fois de l’histoire économique de la France, le premier poste du budget (il passe désormais devant celui de l’Éducation Nationale et la Défense) : 46,9 milliards, contre 44,5 pour l’Éducation ( 30,1 pour la Défense). Il représente maintenant un montant supérieur à celui de l’impôt sur le revenu.
ALLEMAGNE
Les wallons semblent de plus en plus nombreux à envisager un rattachement la France (Un sondage réalisé début juillet 2008 a révélé que 49 % des Wallons interrogés favorisent, un rattachement à la France en cas de scission de la Belgique, alors qu’ils n’étaient que 29 % en janvier de la même année)
Tous ces changements sont loin d’être un gage de stabilité. «Ils affectent
place.»
sont aggravées.
A terme, les économies plus fortes risquent également d’être touchées,
y compris l’Allemagne, s'il faut continuer à couvrir les dettes des pays sur-endettés.
Nouriel Roubini : "plusieurs grandes institutions financières pourraient s'effondrer"
Il va falloir pondre un nouveau plan qui fait le poids et résoud vraiment la dette de la Grèce (et des autres pays européen fragilisés)car la Grèce pourrait bien mettre l'Euro puis l'Erope à terre en se comportant comme les Islandais, c'est à dire en ne remboursant plus rien et en abandonnant l'euro.
mercredi 9 novembre 2011
Hervé Juvin : les raisons de la dette
Pourquoi les banques vont devoir être nationalisées
mardi 8 novembre 2011
Jacques Sapir: « L'accord signé ne fait que prolonger l'agonie de l'euro »
G8 et G20 se succèdent. Très avare de mesures concrètes, le dernier sommet en date, celui du 4 novembre à Cannes s'est limité à essayer d'éviter une prorogation de la crise grecque, en plaçant l'Italie sous surveillance du FMI. Il ne s'est toutefois pas engagé sur de nouveaux moyens financiers censés éviter au monde une nouvelle récession. Dans cette tourmente de la crise et de la dette, les dirigeants de la zone euro semblent camper sur des positions souvent incohérentes et contradictoires, en tous les cas incomprises par les peuples, ne leur apportant aucune réponse à leurs premières préoccupations : la dette, – qui pour eux se traduit par une augmentation des impôts –, la réduction sensible du pouvoir d'achat, – il suffit de flâner dans les supermarchés pour s'en convaincre –, et le chômage, – les chiffres officiels parlent d'eux-mêmes.Il en est un peu de même chez les économistes, qui se partagent entre militants de la cause des chefs d'Etat, celle de l'ex-président Trichet, avec le maintien d'un euro fort, et les «dissidents» qui prônent soit un euro monnaie commune et non plus monnaie unique soit carrément sa sortie.
Polémia soumet à ses lecteurs une analyse de Jacques Sapir dans laquelle il condamne sans appel le plan «anticrise» du 27 octobre pour promouvoir avec fermeté la sortie de l'euro.
Polémia
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Les dirigeants de la zone euro ont conclu un accord, vers 4 heures ce jeudi matin [27/10/2011], pour tenter de sauver l’euro. Pourtant, selon Jacques Sapir, ce plan anticrise est le « pire accord envisageable », car il va contribuer à nous plonger encore davantage dans la récession et priver l’Europe de son indépendance. D’autant plus qu’il ne suffira pas à sauver la Grèce.
L’accord réalisé la nuit dernière ne fera que prolonger l’agonie de l’Euro car il ne règle aucun des problèmes structurels qui ont conduit à la crise de la dette. Mais, en plus, il compromet très sérieusement l’indépendance économique de l’Europe et son futur à moyen terme. C’est en fait le pire accord envisageable, et un échec eût été en fin de compte préférable.
Nos gouvernements ont sacrifié la croissance et l’indépendance de l’Europe sur l’autel d’un fétiche désigné Euro.
Huit mesures actées
Si nous reprenons les mesures qui ont été actées nous avons :
1- Une réduction partielle de la dette mais ne touchant que celle détenue par les banques. Autrement dit c’est 100 milliards qui ont été annulés et non 180 (50% de 360 milliards). Cela ne représente que 27,8%. La réalité est très différente de ce qu’en dit la presse. Cela ramènera la dette grecque à 120% en 2012, ce qui est certes appréciable mais très insuffisant pour sortir le pays du drame dans lequel il est plongé.
2- Le FESF va se transformer en « fonds de garantie » mais sur les 440 milliards du FESF, seuls 270 milliards sont actuellement « libres ». Comme il faut garder une réserve c’est très probablement 200 milliards qui serviront à garantir à 20% les nouveaux emprunts émis par les pays en difficultés. Cela représente une capacité de 1000 milliards d’emprunts (200 / 0,2). C’est très insuffisant. Barroso avait déclaré qu’il fallait 2200 milliards et mes calculs donnaient 1750 milliards pour les besoins de la Grèce (avant restructuration) du Portugal et de l’Espagne. Cet aspect de l’accord manque totalement de crédibilité.
3- La recapitalisation des banques est estimée à 110 milliards. Mais, l’agence bancaire européenne (EBA) estimait ce matin la recapitalisation à 147 milliards (37 de plus). De plus, c’est sans compter l’impact du relèvement des réserves sur les crédits (le core Tier 1) de 7% à 9% qui devra être effectif en juin 2012. Il faudra en réalité 200 milliards au bas mot, et sans doute plus (260 milliards semblent un chiffre crédible). Tout ceci va provoquer une contraction des crédits (« credit crunch ») importante en Europe et contribuer à nous plonger en récession. Mais, en sus, ceci imposera une nouvelle contribution aux budgets des États, qui aura pour effet de faire perdre à la France son AAA !
4- L’appel aux émergents (Chine, Brésil, Russie) pour qu’ils contribuent via des fonds spéciaux (les Special Vehicles) est une idée très dangereuse car elle va enlever toute marge de manoeuvre vis à vis de la Chine et secondairement du Brésil. On conçoit que ces pays aient un intérêt à un Euro fort (1,40 USD et plus) mais pas les Européens. La Russie ne bougera pas (ou alors symboliquement) comme j’ai pu le constater moi-même lors d’une mission auprès du gouvernement russe en septembre dernier.
5- L’engagement de Berlusconi à remettre de l’ordre en Italie est de pure forme compte tenu des désaccords dans son gouvernement. Sans croissance (et elle ne peut avoir lieu avec le plan d’austérité voté par le même Berlusconi) la dette italienne va continuer à croître.
6- La demande faite à l’Espagne de « résoudre » son problème de chômage est une sinistre plaisanterie dans le contexte des plans d’austérité qui ont été exigés de ce pays.
7- L’implication du FMI est accrue, ce qui veut dire que l’oeil de Washington nous surveillera un peu plus… L’Europe abdique ici son « indépendance ».
8- La BCE va cependant continuer à racheter de la dette sur le marché secondaire, mais ceci va limiter et non empêcher la spéculation.
Les piètres conclusions que l’on peut en tirer…
Au vu de tout cela on peut d’ores et déjà tirer quelques conclusions :
- Les marchés, après une euphorie passagère (car on est passé très près de l’échec total) vont comprendre que ce plan ne résout rien. La spéculation va donc reprendre dès la semaine prochaine dès que les marchés auront pris la mesure de la distance entre ce qui est proposé dans l’accord et ce qui serait nécessaire.
- Les pays européens se sont mis sous la houlette de l’Allemagne et la probable tutelle de la Chine. C’est une double catastrophe qui signe en définitive l’arrêt de mort de l’Euro. En fermant la porte à la seule solution qui restait encore et qui était une monétisation globale de la dette (soit directement par la BCE soit par le couple BCE-FESF), la zone Euro se condamne à terme. En recherchant un « appui » auprès de la Chine, elle s’interdit par avance toute mesure protectionniste (même Cohn-Bendit l’a remarqué….) et devient un « marché » et de moins en moins une zone de production. Ceci signe l’arrêt de mort de toute mesure visant à endiguer le flot de désindustrialisation.
- Cet accord met fin à l’illusion que l’Euro constituait de quelque manière que ce soit une affirmation de l’indépendance de l’Europe et une protection de cette dernière.
Pour ces trois raisons, on peut considérer que cet accord est pire qu’un constat d’échec, qui eût pu déboucher sur une négociation concertée de dissolution de la zone Euro et qui aurait eu l’intérêt de faire la démonstration des inconséquences de la position allemande, mais qui aurait préservé les capacités d’indépendance des pays et de l’Europe.
Les conséquences de cet accord partiel seront très négatives. Pour un répit de quelques mois, sans doute pas plus de six mois, on condamne les pays à de nouvelles vagues d’austérité ce qui, combiné avec le « credit crunch » qui se produira au début de 2012, plongera la zone Euro dans une forte récession et peut-être une dépression. Les effets seront sensibles dès le premier trimestre de 2012, et ils obligeront le gouvernement français à sur-enchérir dans l’austérité, provoquant une montée du chômage importante. Le coût pour les Français de cet accord ne cessera de monter.
Politiquement, on voit guère ce que Nicolas Sarkozy pourrait gagner en crédibilité d’un accord où il est passé sous les fourches caudines de l’Allemagne en attendant celles de la Chine. Ce thème sera exploité, soyons-en sûrs, par Marine Le Pen avec une redoutable efficacité. Il importe de ne pas lui laisser l’exclusivité de ce combat.
La seule solution, désormais, réside dans une sortie de l’euro, qu’elle soit négociée ou non.
Jacques SapirMarianne 2 28/10/ 2011
http://www.marianne2.fr/Sapir-l-accord-signe-ne-fait-que-prolonger-l-agonie-de-l-euro_a211943.html
Correspondance Polémia – 6/11/2011
Image : Explosion de l’euro
lundi 7 novembre 2011
Fillon dévoile son nouveau plan de redressement des finances publiques
La justification d'un nouveau plan d'austérité.
«Nous voulons protéger les Français contre les graves problèmes auxquels font face d'autres pays européens». En présentant ses mesures supplémentaires d'austérité, le premier ministre François Fillon a replacé la France dans le contexte de panique financière qui frappe la zone euro. «Le mot faillite n'est plus un mot abstrait», a-t-il martelé, rappelant entre les lignes qu'il avait lui-même utilisé cette expression taboue dès 2007.
Les Français devront se résoudre à faire «quelques sacrifices», a prévenu le premier ministre, «afin de ne pas avoir à mener un jour une politique imposée par d'autres». Sans les nommer, le premier ministre pointe ici du doigt le danger que représenterait la pression exercée par des agences de notation menaçant d'abaisser la note AAA de la France.
«Plus de solidarité entre la France et l'Allemagne»
Sur TF1, lundi soir, le premier ministre a défendu l'effort supplémentaire consenti par la France. «Il n'y a pas beaucoup de gouvernements qui, à quelques mois des éléctions, auraient le courage de prendre de telles mesures», a-t-il déclaré. Et d'ajouter : «Ces efforts sont nécessaires».
s'est dit «convaincu que son plan va rassurer les investisseurs sur les capacités de la France. Nous ne sommes pas obsédés par les agences de notation». Pour cela, François Fillon souhaite plus de coopération notamment entre la France et l'Allemagne.
Les objectifs à atteindre
L'effort supplémentaire représente 18,6 milliards d'euros sur les deux prochaines années, dont 7 milliards d'euros en 2012 et 11,6 milliards en 2013. D'ici à 2016, ce sont 65 milliards d'euros supplémentaires qui seront économisés, a annoncé le premier ministre, afin d'arriver à un déficit zéro à cette date. Le premier ministre a également rappelé que le gouvernerment table sur une croissance de 1% en 2012.
Les principales mesures :
• La TVA réduite passe de 5,5% à 7%. Ce nouveau taux, que le premier miniestre juge «raisonnable», s'appliquera à tous les services et biens concernés par le taux réduit. Une exception toutefois : les produits alimentaires de première nécessité resteront taxés à 5,5%.
• Retraite à 62 ans en 2017 au lieu de 2018. L'application du passage de l'âge légal de départ en retraite à 62 ans va être avancée d'un an, à 2017, ce qui doit permettre de diminuer de 4,4 milliards d'euros les déficits des caisses retraites entre 2012 et 2016. Concrètement, a précisé François Fillon, «cela reviendra à quelques mois d'activité supplémentaire pour les générations nées entre 1952 et 1956». Cette accélération, selon lui, «va conforter la réforme de 2010 et permettra de diminuer de plus de 4,4 milliards d'euros les déficits cumulés des régimes de retraite entre 2012 et 2016».
• Le barème de l'impôt sur le revenu et celui de l'impôt de solidarité sur la fortune seront gelés pour les deux prochaines années.
• Réduire l'écart de taxation entre le capital et le travail. Le prélèvement libératoire forfaitaire sera augmenté de 19 à 24% pour réduire l'écart de taxation entre les revenus du travail et du capital. «Le prélèvement forfaitaire libératoire sera porté à 24% pour les dividendes et les intérêts», a ajouté le premier ministre. Le prélèvement forfaitaire libératoire (PFL) permet à un contribuable de s'acquitter de l'impôt dû sur les revenus des placements bancaires (bons du Trésor, etc...).
• 500 millions d'euros d'économies supplémentaires pour l'État en 2012. Notamment, les salaires des ministres et du président de la République seront gelés jusqu'à ce que les comptes publics soient à l'équilibre. «J'appelle les grandes entreprises, ainsi que les collectivités territoriales, à faire de même», a lancé François Fillon. Il demande d'ailleurs à ces dernières de mener un «effort de transparence», en publiant chaque année, les chiffres concernant leur train de vie et leurs effectifs.
• Les comptes de la sécurité sociale seront redressés à hauteur de 700 millions d'euros supplémentaires en 2012. «Nous avons décidé de ramener l'Ondam, c'est-à-dire la progression des dépense de l'assurance maladie à 2,5% à partir 2012 au lieu des 2,8% qui avaient été initialement fixés, a déclaré le premier ministre. En matière de maîtrise des dépenses de santé, c'est un effort supplémentaire de 700 millions d'euros qui sera accompli.» L'Ondam est fixé chaque année dans la loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS) et se présente sous la forme d'un taux d'évolution des dépenses à respecter.
• La hausse de certaines prestations sociales sera limité exceptionnellement à 1% en 2012. Les minimas sociaux (RSA, retraites, allocations adulte handicapé, etc.) ne sont pas concernés et seront revalorisés selon les règles actuelles, plus avantageuses. Il s'agit de limiter la hausse des dépenses sociales dans un contexte de baisse des recettes des cotisatins sociales, a justifié en substance François Fillon.
• Les niches fiscales seront rabotées de 2,6 milliards d'euros supplémentaires. Par exemple, le dispositif Scellier sera supprimé fin 2012, le taux à prêt zéro sera recentré.
• L'impôt sur les sociétés pour les grands groupes (chiffre d'affaires supérieur à 250 milions d'euros) sera augmenté de 5%.
«La France doit se retrousser les manches», a insisté François Fillon. «Il faut refonder notre modèle de croissance» trop soutenu par un consommation elle-même gonflée par les transferts sociaux, a déclaré François Fillon en conclusion.
dimanche 6 novembre 2011
La France s'aligne
Un peu de relance
La Tribune

