Le premier ministre grec a surpris tout le monde avec son annonce de référendum sur le plan de sauvetage de la Grèce, voté jeudi dernier par les dirigeants européens.
Observons les différentes réactions à cette annonce :
1/ Les déclarations de Papandréou.
Pour Papandréou, le référendum «va renforcer la Grèce dans la zone euro et sur le plan international». C'est ce qu'a affirmé le Premier ministre grec lors d'un entretien téléphonique dans la matinée avec son homologue allemande, annonce Athènes.
Toujours selon les services de Papandréou, Angela Merkel a «exprimé sa compréhension et souligné qu'elle comprenait les évolutions en Grèce». Le Premier ministre grec a confirmé qu'il assistera mercredi à Cannes à un «dîner de travail» réunissant les dirigeants allemand et français, les responsables de l'UE et la directrice générale du FMI, Christine Lagarde.
2/ Réactions des marchés financiersSur les marchés boursiers, la décision de Georges Papandréou a semé la panique ce mardi : Paris termine à -5,38%, Francfort à -5%. Milan (-6,80%) et Athènes (-6,92%) ont enregistré les plus fortes chutes, alors que Londres (-2,21%) est relativement épargnée.
La Bourse de Paris s'effondre de -5,38%. Le CAC 40 termine à 3.068,33 points. Les banques, considérées comme des baromètres de la confiance du marché, ont payé un lourd tribut à l'annonce venant d'Athènes. La Société Générale a dévissé de 16,23%, BNP Paribas de -13,06%, Crédit Agricole de -12,53%. 17h37.
Les valeurs bancaires ont été en première ligne : les investisseurs redoutent désormais un défaut de paiement de la dette grecque. (rappelons que le plan de sauvetage incluait l'acceptation par les banques de 50% de leurs créances soit 100 milliards d'euros sur 350).
L'euro en baisse face au dollar. Après avoir atteint jeudi 1,4247 dollar après l'adoption du plan anticrise, l'euro a commencé à chuter lundi soir, après l'annonce d'un referendum en Grèce. Ce mardi, à 15 heures, la monnaie unique valait 1,3652 dollar, après avoir accusé une baisse à1,3609 dollar à 13h50.
3/ Réaction du gouvernement français«Déterminé» à faire appliquer le plan de sauvetage de la Grèce, le couple franco-allemand souhaite qu'une «feuille de route» soit rapidement mise en place. Mercredi à Cannes, juste avant le G20,
Nicolas Sarkozy et
Angela Merkel se retrouveront dans l'après-midi pour une réunion de consultation avec les institutions européennes et le FMI. Ils ont également prévu de s'entretenir avec les autorités grecques.
4/ Autres réactions défavorablesL'Institut de la finance internationale (IIF), qui représente les grandes banques du monde, souhaite faire avancer les négociations sur l'effacement d'une partie de la dette grecque, malgré l'annonce d'un référendum sur le sujet en Grèce. Il «réaffirme son intention d'aller de l'avant pour réduire de 50% le montant nominal des obligations d'Etat grecques détenues par le secteur privé».16 heures.
Juncker : «La Grèce risque la faillite». Le président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker «ne peut pas exclure» une faillite de la Grèce en cas de non au référendum. «Cela dépendra de la manière dont la question sera exactement formulée et sur quoi exactement les Grecs vont voter», précise-t-il, sur RTL, regrettant que Papandréou ait «pris sa décision sans en informer ses collègues européens».
La Banque mondiale craint «le bazar». «Si ça (le référendum en Grèce, ndlr) passe, ce pourrait être un signal positif pour les gens. Si cela échoue ce sera le bazar!», estime Robert Zoellick le président de la Banque mondiale.
Yves Leterne, premier ministre Belge :Qui est responsable ? Le Premier ministre grec, George Papandréou, «porte une très lourde responsabilité» avec sa décision de soumettre à référendum le plan de sauvetage européen pour son pays, car il a créé de l'insécurité, déclare le Premier ministre belge, Yves Leterme. «Papandréou porte une très lourde responsabilité», affirme-t-il dans des déclarations aux médias belges, «les marchés ont besoin de stabilité et de sécurité».
Christian Estrosi.
«Cette décision me paraît incompréhensible. Quand on sait le mal que Nicolas Sarkozy et Angela Merkel ont eu à faire adopter ce plan courageux, je déplore cette décision qui me paraît totalement irresponsable de la part du Premier ministre grec», regrette le député-maire UMP de Nice. «Lorsque l'on est en situation de crise et que d'autres veulent vous aider, il est insultant de tenter de sauver sa peau plutôt que prendre ses responsabilités», ajoute Christian Estrosi, souhaitant que le «Premier ministre grec revienne sur sa décision».
4/ Réactions favorables : 4.1/ Nicolas Dupont Aignan
Bourdin 2012 : Nicolas Dupont-Aignan par BFMTVInvité mardi matin au micro de Jean-Jacques Bourdin, sur BFM-TV et RMC, Nicolas Dupont-Aignant, chef de file de Debout la République, a fustigé l'accord de Bruxelles signé la semaine dernière. Le député de l'Essonne a fustigé ce plan de sauvetage de la zone Euro. Pour lui,
le référendum grec sur ce plan d'aide européen, annoncé hier par le premier ministre Georges Papandreou, «est un sursaut de dignité du peuple».
Il a réafirmé son crédo : sortir de l'euro.
Le maire de Yerres assure qu'il avait déjà prévenu que cette «monnaie allait exploser en vol» il y a quelques mois, notamment dans un livre.
«Il faut relocaliser les emplois en France, il faut relocaliser le pouvoir», a plaidé le souverainiste, qui propose «un protectionisme en taxant les produits de l'étranger».
4.2/ Marine Lepen
Marine Le Pen approuve Papandréou. La présidente du Front national estime que le référendum grec sur le plan d'aide à ce pays est «la moindre des choses» et constitue «aussi un moyen de préparer la sortie de l'euro».
Florian Filippo, directeur de campagne de Marine Lepen : «Après le coup de communication du sommet (de la semaine dernière) et le service après-vente de Nicolas Sarkozy sur toutes les chaînes de télévision, le réel reprend une nouvelle fois le dessus: l'accord européen ne convainc pas (...)». il plaide, une nouvelle fois, pour une fin organisée et concertée de l'expérience malheureuse et ratée de l'euro».
4.3/ Jean Luc Mélanchon
De la «démocratie» pour Jean-Luc Mélenchon. «Il y a eu 13 grèves générales en Grèce et chacune a réclamé un référendum, Georges Papandréou savait qu'il ne pourrait pas tenir plus longtemps sans consulter le peuple grec», déclare le candidat du Front de gauche sur France Info, ajoutant que c'était «un minimum de démocratie» et que le non risquait de l'emporter.
4.4/ Eva Joly
Une porte vers d'autres options, espère Joly. «Le risque du non du peuple grec aurait le mérite de remettre les contreparties du plan de sauvetage en question et d'ouvrir la porte à une nouvelle discussion et à d'autres options qui n'ont pas été prises en compte par la commission européenne, la Banque centrale européenne et le Fonds monétaire international», estime Eva Joly dans un communiqué.
4.5/Attac
Attac se félicite. «L'annonce, hélas trop tardive, par Georges Papandréou de l'organisation d'un référendum sur le plan européen d'aide à la Grèce, est une première avancée de la démocratie face aux plans d'austérité qui s'abattent partout en Europe», écrit l'organisation altermondialiste Attac dans un communiqué.