samedi 5 novembre 2011

32% des français sont favorables au retour du franc !




Alors que la zone euro continue d'être secouée par la crise financière, un sondage IFOP(*) fait apparaître que 32% (+4% par rapport à janvier 2011) des Français souhaitent le retour au franc.
Parmi les plus fervents partisans du Franc figurent les sympathisants du Front national (72%), alors que le pourcentage descend à 30% à gauche et à 17% au sein des sympathisants UMP.


(*)Ce sondage a été réalisé par téléphone les 3 et 4 novembre auprès d'un échantillon de 1.016 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas.

Sondage : Les français opposés au plan d'aide à la Grèce

Pas question de mettre encore la main à la poche. Les Français sont à 63% en désaccord avec la hausse de la contribution financière française à hauteur de 15 milliards d’euros, dans le cadre du plan de sauvetage de la Grèce (*1), d’après un sondage Ifop.
Et ils n’ont aucune confiance en Athènes : 89% des personnes interrogées pensent que «l'argent prêté à la Grèce est de l'argent perdu, parce que la Grèce ne pourra pas rembourser».

Enfin, seuls 37% des personnes interrogées approuvent le projet bien que ce chiffre soit en augmentation par rapport à un sondage réalisé en septembre dernier où ils n'étaient que 32% à approuver le plan de sauvetage (dont 5% "l'approuvent tout à fait").

Les personnes les plus favorables au plan de sauvetage sont les sympathisants UMP (55%) et MoDem (60%) alors que les moins favorables sont les sympathisants du Front national avec seulement 14%.

Parallèlement, ils sont 89%, soit cinq points de plus qu'en septembre, à estimer que «les difficultés de la zone euro vont s'accroître dangereusement si le problème de la dette grecque n'est pas réglé».

Ce sondage a été réalisé par internet du 2 au 4 novembre 2011 auprès d'un échantillon de 1 040 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas.


(*1) La France a prêté à la Grèce 11,5 milliards d'euros, ce qui lui a rapporté 200 millions d'euros d'intérêts, avait déclaré le président de la République Nicolas Sarkozy lors de son intervention télévisée le 27 octobre. "A la suite des décisions d'hier soir, nous allons garantir par l'intermédiaire des fonds européens 25 milliards (de prêts) supplémentaires"à la Grèce, avait-il ajouté.

L’Islande, sur la voie d’un désentettement rapide, demande des comptes à l’Union européenne

D'après un récent rapport du Fonds Monétaire International (FMI), l'Islande est sur la voie d'un désendettement rapide.



Et elle demande des comptes : le président islandais Olafur Ragnar Grimsson a demandé la semaine dernière à l'Union européenne de mener une enquête pour déterminer comment elle a pu permettre à la Grande-Bretagne et aux Pays-Bas d'exercer une telle pression sur l'Islande pour tenter de transférer sur le contribuable islandais les sommes dues par la banque Icesave en faillite.

Rappel des épisodes précédents :

En 2008 encore, tout va pour le mieux en Islande : les finances publiques sont saines et le pays est noté AAA depuis cinq ans par l'agence de notation Moody's.

C'est alors que l'effondrement de son système bancaire hypertrophié a plongé ce pays, dans une crise présentée comme cataclysmique.

Un article de Courrier International fait un parrallèle entre l'Irlande et l'Islande, toutes deux confrontées à des faillites bancaires : la première, ligotée, se débat dans la déflation. La seconde serre les dents mais s'aide d'une politique inflationniste et, surtout, refuse de laisser transférer sur le contribuable les dettes des banques en faillite.

Ce refus lui vaut d'être mise sous une pression intense par la Grande Bretagne et les Pays-Bas, soutenus par l'Union européenne, qui voudraient que leurs épargnants soient indemnisés par les finances publiques islandaises.

Lors de deux référendums successifs, les Islandais disent non : pas question que le contribuable dédommage des investisseurs étrangers à la place des banques.

Que croyez-vous qu'il se passa après ces deux refus aussi scandaleux selon les normes des marchés qui nous gouvernent ?

L'Islande est-elle tombée en enfer pour son crime de lèse-marché ? Est-elle mise à l'écart de la vie internationale ?

Bien sûr que non.

Toute d'abord, c'est en 2010, c'est à dire deux ans seulement après le début de la crise, que le FMI commença à observer un début de redressement.

Pour être précis, c'est son représentant Mark Flanigan qui déclarait : “La récession s’est révélée moins profonde que prévu”. Le modèle social nordique a été préservé et l'endettement décroit progressivement, grâce à une forte dévaluation de la monnaie (qui a perdu 30 % en deux ans) et à l'inflation qui atténue les dettes. Le chômage est fortement retombé (de 9,7% à 7,3 %, pourcentage à comparer à celui de l'Irlande : 14,1 %). La reprise se traduit en chiffres (1,3 % au troisième trimestre).

Le président islandais s'en expliquait déjà sans ambages à Bruxelles : “La différence est qu’en Islande nous avons laissé les banques faire faillite, a-t-il expliqué. C’étaient des institutions privées ; nous n’y avons pas injecté de l’argent pour les maintenir à flot. L’Etat n’a pas à assumer cette responsabilité.”

Selon le Prix Nobel d’économie Paul Krugman :  “Elle a fortement dévalué sa monnaie et imposé un contrôle des capitaux. Il s’est alors passé quelque chose d’étrange : bien qu’elle ait traversé la pire crise financière de l’Histoire, elle a été bien moins lourdement sanctionnée que d’autres nations.” Deux ans après le début de la crise, la couronne islandaise a perdu 30 %, les fonderies d’aluminium tournent à plein régime pour satisfaire la demande étrangère, tandis que les produits locaux ont remplacé les légumes exotiques et autres tomates de serre importés.

Aujourd'hui, le FMI, qui achève de verser un prêt, marque à nouveau sa satisfaction.

La candidature de l'Islande à l'Union européenne avance.

Tout ceci malgré le psychodrame avec la Grande-Bretagne et les Pays-Bas, pays auxquels les Islandais ont fermement refusé d'indemniser aux frais du contribuable leurs investisseurs qui avaient perdu de l'argent dans la faillite de la banque Icesave.

Le dernier épisode montre d'ailleurs que ces investisseurs vont être indemnisés, mais par par le contribuable.

En effet, la maison mère d'Icesave, la banque Landsbanki, a annoncé avoir récupéré des fonds suffisants pour rembourser toutes "les réclamations prioritaires". En vertu d'une loi adoptée en Islande après sa crise économique de 2008, tous les dépôts bancaires sont considérés comme "réclamations prioritaires".

Landsbanki a précisé qu'après le remboursement des épargnants lésés, il lui resterait encore 13 milliards de couronnes islandaises (80 millions d'euros).

Cela signifie que les 3,9 milliards d'euros que la Grande-Bretagne et les Pays-Bas ont avancés pour indemniser leurs 340.000 ressortissants lésés par la faillite d'Icesave peuvent être remboursés sans mettre les finances publiques islandaises à contribution.

Du coup, maintenant, c'est le gouvernement islandais qui demande des comptes à l'Union européenne sur le psychodrame que le pays a du subir.

Le président islandais Olafur Ragnar Grimsson a demandé à l'Union européenne de mener une enquête pour déterminer comment elle a pu permettre à la Grande-Bretagne et aux Pays-Bas d'exercer une telle pression sur l'Islande dans l'affaire de la banque en faillite Icesave.

"Comment des Etats membres ont-ils pu accepter les absurdes demandes britanniques et hollandaises ?", s'est interrogé M. Grimsson dans une interview à la radio-télévision publique RUV. "Cela mérite une enquête".


La décote de 50% demandée aux banques sur la dette grecque constituera un évènement de crédit

L'agence de notation Fitch Ratings a estimé vendredi que la décote de 50% demandée aux banques sur la dette grecque, si elle devient effective, constituera un évènement de crédit, selon ses critères, même si l'arbitre du marché (ISDA) pense sur ce point le contraire.
La décote de 50% sur la dette grecque "serait vue par l'agence comme un évènement de crédit", a indiqué Fitch, contredisant l'association de référence ISDA. Elle a estimé que l'accord de Bruxelles ne devrait pas déclencher les CDS sur le pays, parce que la restructuration de la dette grecque se fait sur une base volontaire.
L'accord provisoire avec le secteur privé, qui prévoit une décote de 50% de la dette d'Athènes, est une étape nécessaire pour remettre sur pied les finances publiques grecques, estime l'agence, mais il sera néanmoins considéré comme "un événement de crédit" selon ses critères.
L'agence indique qu'elle va examiner les implications du plan anticrise de la zone euro décidé à Bruxelles mercredi sur le Fonds européen de stabilité financière (FESF) une fois que ses détails seront connus. Le FESF bénéficie de la note maximale, un triple A, auprès de l'agence.
Elle précise toutefois que les décisions prises par les chefs d'Etat et de gouvernements  "un pas positif pour soutenir la stabilité financière de la zone euro".

vendredi 4 novembre 2011

Et l'Or dans tout ça ?!

John Embry, stratègiste en chef des investissements chez Sprott Asset Management et expert reconnu dans l’industrie des métaux précieux, il évalue et analyse le secteur de l’or depuis plus de 30 ans. Il a accumulé une vaste expérience dans ce domaine où il œuvre à titre de gestionnaire de portefeuille depuis 1963. Le Dr Stephen Leeb est une autorité reconnue sur les marché boursiers, les tendances macroéconomiques et les matières premières, en particulier le pétrole et les métaux précieux. Il est également président et gérant de Leeb Capital Management.







Le point de vue de John Embry :

Imprimer de l’argent est un événement extrêmement haussier pour l’or. Si l’or n’était pas manipulé par certains, il aurait dû grimpé probablement de 100 $ avec cet élément. L’or a été impitoyablement pilonné à la fin de semaine dernière, mais avec sa stabilisation, le prochain mouvement sera d’atteindre confortablement les 2000 $ l’once.

Une correction était nécessaire. Les planificateurs centraux ont « fabriqué » une correction pour de nombreuses raisons, l’une étant la situation dans laquelle se trouve le secteur bancaire européen et les conditions économiques générales. Tout aussi important, je pense que ces personnes détiennent du papier-métal pour maintenir les positions courtes vers le bas, car ils savent ce qui se prépare.

Lorsqu’on l’interroge sur l’argent-métal, Embry répond: « Je pense que l’argent montera plus vite que ce qu’il n’est descendu. Ce qui est à venir très prochainement.

Je n’ai toujours aucun problème avec le fait que l’or et l’argent atteindront 2000 $ et 50 $ l’once avant la fin de cette année ….

La bourse chutera de plus de 40%

Je parlais à mon contact Eric Sprott, il y a quelques heures aujourd’hui, « Savez-vous ce qui s’est passé le jour du Christophe Colomb Day en 2008 avant que le marché ne commence vraiment à s’effondrer ?

Réponse : «Il est allé jusqu’à plus de 1000 points… Puis, la bourse a ensuite chuté de 40% ! »

Cela me trouble car je vois des gens perdre la foi en leurs avoirs en or et en argent, en achetant des obligations. Ce sont vraiment des « certificats de vols » de leur richesse et les gens n’ont tout simplement pas encore compris cela. »

Le point de vue de Stephen Leeb:

L’histoire montre qu’après chaque guerre, de la guerre civile à la guerre du Vietnam, les pics d’inflation ont souvent atteint des pointes à plus de 20%. Ma conclusion est que nous sommes au plus proche de cet événement lorsque la Fed dit que nous allons devoir tolérer davantage d’inflation. Lorsque ce point sera atteint nous allons certainement voir la prochaine étape du marché haussier de l’or ….

Je parle d’une accélération dans cette prochaine étape pour l’or et l’argent au cours des trois à six prochains mois.

C’est simple, une fois que l’inflation sera hors de contrôle, une fois que la Fed dira « oubliez les 2% », soit implicitement ou explicitement, vous observerez la vitesse de montée de l’argent et tout le reste va décoller.

L’once d’or bientôt à 12 000 $ ?

Nous verrons le prix de l’argent-métal à 3 chiffres et l’or va aller beaucoup, beaucoup plus loin lorsque l’inflation décollera à un rythme accéléré.

Je pense que vous verrez une phase avec de l’or à 10 000 $, 12,000 $, 15,000 $…

Avec l’inflation « dans le siège du conducteur », vous verrez certainement une répétition de ce que vous avez vu dans les années 70.

L’or est descendu presque exactement au moment où l’inflation est descendu dans les années 70. En 1976, l’indice des prix a atteint 4%, puis il est monté avec une progression à deux chiffres.

Durant cette période l’or a augmenté de plus de 8 fois son prix…

Si vous prenez le récent creux de la courbe de l’or et que vous le multipliez de plus de 8 fois, nous parlons bien de plus de 12 000 $ l’once d’or !

Nous sommes au démarrage de cette phase inflationniste et cela permettra de créer un mouvement extraordinairement énorme pour le prix de l’or.

jeudi 3 novembre 2011

En Allemagne, l'idée d'un référendum a ses partisans



Relayés par la presse, des élus du parti de Merkel suggèrent de consulter les Allemands sur l'aide à la Grèce.

La tragédie grecque a finie par pousser l'Allemagne aux bords de la crise de nerfs. Comme souvent lorsque l'incendie menace l'édifice européen, le quotidien populaire Bild surfe sur le ras-le-bol de l'opinion et souffle sur les braises. «Retirez l'Euro aux Grecs», titrait le journal à la une, en réclamant à Angela Merkel un improbable référendum en Allemagne sur cette question.

Le retour aux urnes des Grecs, qui, d'une façon ou d'une autre, se prononceront dans les prochaines semaines sur leur avenir au sein de la zone euro, plonge la chancelière allemande dans l'embarras. Angela Merkel avait dû batailler ferme au Bundestag pour imposer à ses troupes son plan de sauvetage pour la Grèce. Même s'il s'agit de protéger l'euro, perçu comme le garant de la compétitivité allemande, aider la Grèce à coups de milliards de fonds publics reste très impopulaire outre Rhin. Les Grecs y sont perçus comme les pires élèves du «Club med», ces pays du sud de l'Union monétaire qui profitent de dix ans de sacrifices germaniques.


Avec son annonce de référendum (*1), le Premier ministre grec, Georges Papandréou, a ébranlé la stratégie de la chancelière. Et brouillé les cartes dans le système démocratique allemand, en redonnant des couleurs aux eurosceptiques. Ainsi, deux ténors de la CSU, la branche bavaroise de la CDU de Merkel, réclamaient, jeudi, l'organisation en Allemagne d'un référendum sur l'avenir de la zone euro. «Nous devrions aussi organiser un référendum en Allemagne sur les changements prévus dans les traités européens et sur le mécanisme permanent d'aide aux pays en difficulté financière. Des décisions aussi importantes ne peuvent être prises sans l'appui du peuple», estime Thomas Silberhorn, responsable des questions financières à la CSU. «À l'avenir, les décisions concernant l'avenir de l'Europe doivent être tranchées par référendum», renchérit Alexander Dobrindt, secrétaire général de la CSU, jugeant que ce n'est pas aux contribuables allemands «d'économiser à la place des Grecs».


La Frankfurter Allgemeine Zeitung ( FAZ) s'étonne que la loi fondamentale allemande prévoie le recours au référendum pour des décisions locales, telles que la construction d'une nouvelle gare, et non pour des questions aussi cruciales que l'avenir de l'Allemagne dans l'Europe. Un temps accusée de vouloir outrepasser les prérogatives du Bundestag en matière budgétaire, réaffirmées fin septembre par la Cour constitutionnelle de Karlsruhe, Merkel a finalement fait voter les députés en séance plénière avant d'aller finaliser l'accord européen de Bruxelles la semaine dernière.


Les citoyens se sentent floués

Cela pourrait ne plus suffire. Les citoyens se sentant floués par les partis représentés au Bundestag «pourraient se demander pourquoi les Grecs ont le droit de décider par référendum s'ils veulent être sauvés ou non alors que l'on ne demande pas aux Allemands et à leurs enfants s'ils veulent débourser des milliards de fonds publics à cette fin», prévient la FAZ.


Bien qu'à Berlin on déplore en privé le «mauvais coup» du premier ministre grec, aucun responsable gouvernemental ne se risquerait à critiquer l'initiative de Papandréou publiquement. Allant au bout de la «logique démocratique», le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, a dit son «respect» pour la décision «courageuse» de Papandréou. «Papandréou complique notre volonté d'aider la Grèce», déplore cependant le député Klaus Peter Flosbach, de la CDU. Plusieurs élus se plaignent de «devoir garder la tête haute dans leur circonscription pendant que les Grecs insultent les Allemands». Selon un sondage, un Allemand sur deux ne souhaite pas que Merkel soit reconduite pour un troisième mandat à la chancellerie en 2013.




(*1) : le 3/11/2011, nouveau coup de théatre : Papandréou prêt à retirer son projet de référendum en particulier à cause de l'absence d'un large soutien de la classe politique grec (lire Les ministres grecs s'opposent au référendum de Papandréou )



A lire : le dossier du Figaro SPECIAL CRISE :


L'euro, comment en sortir ?




Un pays peut-il quitter la zone euro ? Une hypothèse qui peut se résumer à trois cas. Décryptage juridique.


Ce fut l'une de ses premières initiatives. En arrivant aux commandes de la Banque centrale européenne, Mario Draghi a demandé l'avis de son service juridique sur cette question : un pays peut-il sortir de la zone euro ? "Il a consulté peu après l'annonce du référendum grec", confie-t-on de bonne source.
Depuis, le successeur de Jean-Claude Trichet à la présidence de la BCE a sur son bureau une étude de 50 pages datant de décembre 2009. Écrite à l'initiative d'un juriste de l'institut d'émission, elle s'intitule "Retrait ou expulsion de l'Union européenne et de l'Union économique et monétaire : quelques réflexions". Tout un programme... qui peut se résumer à trois cas.

1 - L'exclusion d'un pays par les autres :

"Un droit collectif à l'expulsion n'est pas prévu par les traités européens", relève l'étude. Mais la matière juridique a ceci de particulier qu'on peut toujours argumenter sur de nouvelles bases. L'étude envisage donc la possibilité "d'emprunter des chemins de traverse pour laisser de côté un État membre qui ferait de l'obstruction". Les possibilités varient, entre une "coopération renforcée des États restants" ou la voie "plus radicale" de signer un nouveau traité par tous, sauf par l'État récalcitrant. Mais au final, reconnaît l'analyse, "marginaliser un État membre n'est pas idéal, même si ce n'est pas totalement impossible".

2 - Un État peut décider unilatéralement d'abandonner la monnaie unique

C'est ce qui pourrait advenir au lendemain d'un référendum - grec ou autre. Mais dans ce cas, le pays en question devrait également sortir de l'Union européenne. Car le traité de Lisbonne contient dans son article 50 une clause permettant la sécession volontaire d'un État membre de l'UE : c'est d'ailleurs une première dans l'histoire de la construction européenne. Mais "la clause de sortie ne contient aucune provision spécifique concernant les pays qui ont adopté l'euro", rappelle l'étude de la BCE, qui poursuit : "La seule interprétation possible de cette absence est que le législateur n'a jamais voulu autoriser un retrait de la monnaie unique, compte tenu du réseau complexe de droits et d'obligations que la monnaie unique implique pour ceux qui l'ont adoptée." "Donc, soit on reste dans tout, soit on sort de tout", résume un juriste. C'est l'option nucléaire.

3 - L'éventualité d'une sortie négociée de l'euro

Elle résulte d'une volonté de tous pour permettre à un État membre de rester malgré tout dans l'UE. Ce n'est pas bétonné dans les textes, mais ce serait juridiquement possible en profitant, justement, des zones grises dans le traité de Lisbonne. En tout état de cause, ce serait avant tout un choix politique. Mais ce serait long et très délicat. Il faudrait démêler l'écheveau de droits et d'obligations des pays membres, renégocier la parité entre la nouvelle monnaie nationale et l'euro, récupérer les réserves nationales transférées à la BCE, etc. Il faudrait aussi sans doute protéger le pays du départ de la spéculation qui se déchaînerait, éviter que les épargnants retirent en masse leurs euros des banques du pays, au risque de provoquer leur effondrement... "Ce serait un cauchemar total", soupire un juriste.




Source : Le Point.fr - Publié le 03/11/2011 à 18:22 - Modifié le 03/11/2011 à 18:32

mercredi 2 novembre 2011

"Préparer l'éclatement de l'euro" - extraits de conférence.

"PREPARER L'ECLATEMENT DE L'EURO" - CONFERENCE DU GROUPE EFD AU PARLEMENT EUROPEEN - INTERVENTIONS/QUESTIONS DES PARTICIPANTS


Question de Nigel FARAGE, député européen UKIP, co-président du Groupe EFD
Ce Fonds de sauvetage va devoir être multiplié par 5 ! Est-ce un système pyramidal ? Une vaste escroquerie ? On se demande ce qui se passe avec la démocratie allemande. A quand un réveil démocratique en Allemagne ?

Réponse du professeur HANKEL
Eugen Böhm-Bawerk professeur d’économie, ministre des finances de l’empire austro hongrois publia avant le 1ère guerre mondiale un essai « la puissance ou la loi économique ? » , où il citait plusieurs exemples de tendances économiques accroissant la dette ; La monnaie c’est notre deuxième bulletin de vote ; En gérant nos capitaux, nous votons en quelque sorte et s’il y a une rupture entre la politique et l’économie, le système monétaire ne peut l’emporter sur la politique. Les flux de capitaux c’est la propriété sous forme de titres. Dans les années 30, le régime hitlérien a interrompu les transferts vers l’étranger ; beaucoup d’Allemands n’ont pu fuir car ils ne pouvaient emporter leurs capitaux avec eux, d’où l’ampleur de l’holocauste. Dans une démocratie, cela n’est pas possible. Les capitaux fuient donc vers les parties plus stables de la zone euro ; Avec les plans d’aide, les capitaux venant de Grèce sont remaniés en renvoyés en Grèce ce qui est absurde car cela accroît la dette sans remédier aux causes qui provoquent cette dette. Plus de 300 milliards sont en jeu dans les comptes de la Bundesbank ; est-ce que la politique européenne peut aller à long terme à l’encontre de l’économie ? « Il n’est possible que la politique aille à l’encontre de l’économie que pendant une période limitée » disait Böhn-Bawerk.

Question de Mme Marta ANDREASEN, députée (britannique), UKIP-EFD
L’euro a été construit sur un mensonge. Il s’agissait de promouvoir une union politique. Les traités de Maastricht et le traité de Lisbonne n’ont fait qu’approfondir ce mensonge. La vérité pourra-t-elle l’emporter un jour dans l’Union européenne ? - Depuis 20 ans, la Grèce a reçu 60 milliards d’euros par l’Union européenne. Peut-on faire confiance aux Etats ; je crains que la Grèce n’a pas investi - Je suis moi-même née en Argentine et on ne peut pas parler de succès : ils ont pratiqué la dévaluation, connu le défaut de paiement et les réforme mais il y a eu tout de même une destruction de la classe moyenne ; est-ce vraiment une solution ?

Réponse du Professeur HANKEL
Les politiciens vont peut-être apprendre. Nous devons les y aider. Cette politique engendre de nombreuses difficultés pour leurs propres objectifs. Les flux de capitaux quittant les pays du sud vont devenir plus terribles que la dette publique ou privée. Si de plus en plus de citoyens fuient avec leur épargne de Grèce, Espagne, Portugal, il n’y aura plus seulement le problème de la dette mais celui de l’injection de liquidités dans les banques. Le problème des banques se transférera aux Etats, avec des problèmes politiques et des changements de gouvernement. La meilleure façon d’arrêter cette politique absurde, c’est de sortir de l’Union pour retrouver la liberté de manœuvre. A terme, la zone euro peut continuer à vivre avec moins de pays membres de la zone euro. Réformer l’Union c’est peut être la prochaine étape. Une union monétaire restreinte mais plus stable sera plus séduisante pour les pays étrangers : Suisse, Norvège, Russie etc. Que faire du sud ? c’est une autre question ; Ils peuvent revenir à la monnaie nationale et lancer des programmes de relance nationale. Le Printemps arabe en Afrique du nord, les manifestations en Espagne ou en Allemagne sont des sursauts démocratiques obéissant à des logiques similaires.

Voir aussi :
http://anecdotes-de-crise.blogspot.com/2011/11/faillite-de-la-zone-euro-oui-il-y-un.html

faillite de la zone euro : oui, il y a un plan B !

...mais il n'est pas l'oeuvre des dirigeants européens actuels, hélas, trop obsédés par les solutions intégrationnistes et coûteuses, n'envisageant du coup aucune alternative au creusement perpétuel de la dette publique par des plans dits de "sauvetage", dispendieux et inefficaces, de l'€uro et des pays en grave difficulté. Alors que la France est à son tour menacée de perdre son triple A et la veille d'un nouveau sommet européen à Bruxelles, un groupe parlementaire européen lance enfin le débat. Europe of Freedom and Democracy (Europe des Libertés et des Démocraties) est le seul, à vrai dire, dans la grande maison, qui n'ait jamais vénéré "l'euro pour l'euro" pas plus que "l'union pour l'union", préférant une "Europe des réalités". Il est, de ce fait, l'unique groupe - ultra minoritaire avec vingt-sept députés issus de neuf pays - à constituer une véritable opposition politique au sein du Parlement de Bruxelles-Strasbourg. Un petit espace de respiration démocratique donc, au coeur d'une assemblée européiste par nature. C'est lui qui organisait en effet la semaine dernière, un séminaire animé par deux économistes allemands sur le thème : "Préparer l'éclatement de l'euro". Une première au Parlement européen.

POUR UN BRETTON WOODS EUROPEEN
Ancien secrétaire d'Etat et éminent économiste, le Professeur Wilhelm Hankel, est l'auteur des deux recours constitutionnels introduits auprès de la Cour fédérale allemande de Karlsrhue en 1998 contre l'introduction de l'euro et en 2010 contre le nouveau plan d'aide à la Grèce. Il condamne en effet ces tentatives de "sauvetage" qui, outre leur coût vertigineux, aggravent selon lui la situation désastreuse de la Grèce. Il plaide notamment pour un Bretton Woods européen, une union de taux de change extérieur au sein de laquelle chaque Etat est responsable de sa monnaie et de sa dette. Une proposition qui s'inscrit dans le droit fil des recommandations de Georges Berthu en faveur d'union monétaire flexible (clause de suspension) et de Philippe de Villiers depuis plus de dix ans, appelant à se préparer à la sécession monétaire et à préférer une monnaie commune plutôt qu'unique, parallèle aux monnaies nationales.


INTERVENTION DU PROFESSEUR HANKEL

Crise monétaire ? Crise des Etats ? Crise bancaire ? En 3000 ans d’histoire monétaire, jamais une monnaie n’a détruit des Etats ou des banques. Cela a plutôt été l’inverse.

Le Méphistophélès de Faust incarnait le malin « qui toujours nie ». La banque centrale européenne est un peu dans ce rôle de Méphisto. C’est elle seule qui est responsable de la stabilité de la monnaie. Mais ce n’est pas l’inflation qui menace la monnaie.

Le cœur de la crise, c’est la politique de la BCE. Ces problèmes, ils les ont créé eux-mêmes. Il n’y aurait jamais eu de crise de l’euro sans les plans dits de sauvetage. Ils étaient superflus et ont été créés pour d'autres raisons. Tous les pays en quasi faillite aujourd’hui auraient pu adopter une autre politique.

Sans soutien il y a un an, la Grèce aurait pu sortir de la zone euro, retourner à la drachme et on aurait pu envisager un taux de change équivalent : 1 euro pour 1 drachme. Mais à l’extérieur, cela signifiait que la Grèce dévaluant sa nouvelle monnaie, elle aurait eu un avantage considérable face aux créanciers étrangers qui auraient été obligés d’accepter une monnaie dévaluée ou l’interruption des transferts de paiement.

Le droit d’un Etat souverain est de ne pas séparer la monnaie de l’Etat. Cela s’est passé au moins 1800 fois dans l’Histoire : des Etats ont dû dire à leurs débiteurs, « nous sommes obligés de dévaluer, sinon vous n’aurez rien » : ce fut le cas du Mexique, de l’Argentine, de la Russie, de l’Ukraine… Ils ont dévalué, il y a eu une purge sévère. Ces pays ont été soumis au régime trop sévère imposé par le FMI. Heureusement, les marchés financiers ont la mémoire courte. Ces pays sont aujourd’hui les meilleurs clients des marchés financiers. La crise vient du fait d'avoir voulu "sauver" la Grèce. Or, ce soi-disant sauvetage de l’euro conduit aujourd’hui au chaos.

1) Comment en sommes-nous arrivés là ?

Il y a onze ans, pas le biais d’un simple traité international, des pays du sud de l’Europe ont obtenu une évaluation de leur crédit inédite pour eux et une crédibilité internationale qu'ils n'avaient jamais eus. Autrefois, les taux d’intérêt de ces pays tournaient autour de 15-18%. La simple anticipation de leur entrée de la zone euro a fait chuter ces taux au niveau allemand, divisant par trois les taux de crédit. Ce faisant, la prime de risque sur les marchés financiers a disparu. Les économistes qui ont reçu le Prix Nobel la semaine dernière ont parlé de comportement rationnel à court terme. Si on importe de la monnaie et que l’on emprunte, on produit de l’inflation et un déficit profond de la balance des comptes courants avec accumulation de dette étrangère. C’était prévu et c’est exactement ce qui s’est passé. Les politiques n'ont pas regardé plus loin que les échéances électorales suivantes et ont ignoré les conséquences économiques. La crise grecque a réveillé les marchés. Un euro grec peut-il valoir un euro allemand ? La Grèce a accumulé inflation, dette extérieure et augmentation de 70% du coût unitaire salarial (contre 1% en Allemagne) : ils ont perdu toute compétitivité. Tout manuel d’économie dira qu’il faut s’en sortir par une dévaluation et rien d’autre. Le choix, pour un Etat est entre la dévaluation des salaires ou celle de la monnaie. Dans une célèbre métaphore comparant l’ajustement de l’heure d’été aux individus plutôt que l’inverse, le Prix Nobel Milton Friedman jugeait qu’ « il est plus facile de modifier un taux de change extérieur que des millions de prix » Si un pays perd sa capacité de dévaluer, il ne lui reste que la possibilité de réduire le coût unitaire salariale ce qui signifie non seulement la déflation mais une politique salariale catastrophique pour ce pays et pour ses créanciers aussi. Il n’y a alors plus d'investissement et donc plus de croissance économique possible. On constate aujourd’hui un effondrement de la prospérité économique grecque, -5% cette année, plus encore l’année prochaine. C’est la politique la plus destructrice que nous ayons eu depuis les années 30. Ce soit disant soutien est en réalité destructeur. Avant l’arrivée d’Hitler au pouvoir en Allemagne, le ministre de l’économie avait accepté une politique déflationniste car l’Allemagne ne pouvait payer ses dettes de guerre ; entre l’automne 1931 et l’été 1933 le chômage a alors frappé 27% de la population active… ; Ce sont des souvenirs terribles pour l’Allemagne et pour le monde entier... Ce que l’on inflige à la Grèce est la même chose et les mêmes problèmes vont se poser aux pays du sud de l’Europe : ils vont se retrouver dans la même situation que les pays d’Afrique du nord - la Lybie, l’Egypte, la Syrie – avec les mêmes soulèvements populaires. La différence est qu’en Europe, nous avons fabriqué le problème nous-mêmes…

2) Que faire pour s’en sortir ?

Les millions d’euros dépensés ces derniers mois pour sauver l’euro auraient été mieux utilisés pour aider ces pays à investir et sortir de la stagnation économique. Mais les dirigeants politiques ont souhaité autre chose. Du côté des pays créanciers. En Allemagne, pendant longtemps nous ne nous sommes pas acceptés en tant que nation. Après la catastrophe de la dernière guerre, l’Allemagne était une simple société de marchands. Il n’y avait plus d’Histoire, plus de tradition ni d’identité, seulement l’économie et le Mark. Le chancelier Adenauer avait promis un siècle d’or au peuple s’il travaillait dur. Mais la mentalité de cette nation de marchands est devenue une mentalité de lobbyistes, aujourd’hui en faveur de l’euro. Les secteurs d’exportations, les secteurs financiers, redoutent l’effondrement de l’euro et un retour au Deutsch Mark, tellement surévalué qu’ils ne pourraient, dit-il, plus exporter. Or, après chaque réévaluation du DM, les industries allemandes ont toujours exporté encore plus, contrairement aux peurs qui s’exprimaient. Ni la Chine, ni les Etats-Unis n’ont connu un tel impact pour leurs produits d’exportations. En réalité nous avons une pré-importation des produits que nous transformons et exportons ensuite - énergie, matières premières. Avec un DM surévalué nous avons fait baisser le prix des pré-importations qui coûtaient de moins en moins cher. Chaque évaluation du DM représentait un bénéfice social net. On pouvait s’enrichir en important pas seulement les bananes mais aussi le pétrole. Les politiciens, médias, industries se sont pourtant tous convaincus qu’il ne fallait pas revenir au DM car ils perdraient leur avantage à l’exportation. Mais c’est faux. En France, c’est le lobby financier qui pousse en ce sens : s’il y a une purge, on croit que les banques ne pourront pas survivre. En réalité qu'en savons nous ? Pour n'importe quelle entreprise défaillante, s'impose la publication de son bilan comptable et l'on évalue l’actif au regard du passif. Mais lorsqu'il s’agit d’une banque, les lobbyistes disent « nous sommes en danger » sans qu’on leur demande de publier leurs comptes ; Certaines de nos banques ont des actifs inscrits sur leurs comptes, des réserves amorties depuis des décennies et même depuis plus d'un siècle ! Avant de croire les banques il faut aller jeter un œil dans leur bilan, que ce soit en Allemagne ou en France ;

Les banques peuvent-elles supporter une réduction de la dette grecque de 50% ? On a parlé au départ de 21%. Ce serait une bien bonne affaire pour les banques si les pertes des actifs étaient limitées à 50%. Les arguments en faveur du sauvetage de l’euro n’ont aucun fondement macroéconomique, ce sont de purs arguments de lobbyistes. Il faut avant toute chose arrêter ces plans de sauvetage de l’euro. La meilleure alternative pour sauver la Grèce, l’Espagne et les autres pays en crise ce serait de couper les crédits comme ceux du plan Marshall pour qu’ils retrouvent la stabilité. Il faut des mesures ad hoc.

Pour l’avenir, il faut se rappeler de deux leçons : Celle du Président Lincoln : « Vous pouvez tromper une partie du peuple pendant un certain temps mais vous ne pouvez tromper tout le monde tout le temps » .

Celle de Milton Friedman : « Il est plus facile pour n’importe quel pays en difficulté d’adapter son taux de change que de bouleverser toute son économie ».

Jamais un accord monétaire régional n’a été au-delà d’un accord sur le taux de change. A Bretton Woods, les accords sur les taux de change extérieurs ont eu un succès quelques temps, mais jamais il n’y a eu abandon de la responsabilité d’un Etat sur sa monnaie ; même avec l’étalon-or ; il y a eu des accords monétaires régionaux à succès : pays scandinaves ou l’union monétaire nordique ou le cas de l’union française avant guerre, mais seulement sur les taux de changes extérieurs, jamais il n’y a eu abandon de la monnaie nationale. Il faut revenir à une union de taux de change extérieur : c’est ce que font les Etats de l'Est de l'Europe, ils ont leur monnaie nationale et ont toujours la possibilité d’intervenir sur le taux de change.

Ils traversent la crise bien moins mal que les pays du sud de l’Europe. Il nous faut un système de coordination du taux de change comme celui ayant existé avant l’euro. Les quarante ans qui ont précédé l'adoption de l'euro font figure d'âge d'or monétaire.


*Eminent économiste allemand - économiste en chef à la Banque de reconstruction (1959-1967), secrétaire d’Etat au ministère des Finances (1967), ayant exercé des fonctions importantes dans diverses banques (1967-1978), professeur d'université (depuis 1971), le Professeur Wilhelm HANKEL est l’un des critiques de la première heure de l’euro et a déposé auprès de la Cour Constitutionnelle allemande, un recours, en 1998, contre " l'introduction précipitée de l'euro", puis, en mai 2010, contre le plan « d’aide » à la Grèce .

Un forum franco-allemand d’économistes envisage les alternatives à l’euro

Un forum franco-allemand d’économistes envisage les alternatives à l’euro Un panel d’économistes de premier rang, français et allemands, a débattu pendant une journée de la crise de l’euro et de l’organisation monétaire qu’il convient de substituer à l’euro, dont l’éclatement est apparu inéluctable aux participants.











La fin de l'euro ne serait pas la fin de la coopération franco-allemande.



Les silences de la presse officielle ne signifient pas nécessairement que les informations tues sont subversives. Il suffit quelles n’entrent pas dans les schémas habituels pour faire l’objet d’une censure, pas toujours consciente : ainsi une grève d’une semaine de la fonction publique allemande, il y a quelques années, avait été à peine évoquée en France tant elle heurtait le préjugé de la discipline allemande. La même en France aurait fait la une de la presse internationale.





Ce mois d’octobre, s’est produit à Lyon, dans la même discrétion, un événement extrêmement important pour l’avenir de l’euro et peut-être même de l’Europe. Un panel d’économistes de premier rang, français et allemands, a débattu pendant une journée de la crise de l’euro et des moyens d’en sortir : plus exactement de l’organisation monétaire qu’il convient de substituer à l’euro, dont l’éclatement est apparu inéluctable aux participants.





Côté français, Jean-Pierre Vesperini, membre du Conseil d’analyse économique, Gérard Lafay, Gabriel Colletis, André Vianès .


Côté allemand , une délégation de haut niveau comprenant le Professeur Joachim Starbatty de l’Université de Tübingen, Wilhelm Nölling, doyen de l’Académie des sciences politiques de l’Université de Hambourg, ancien député ( SPD ) et membre du conseil de la Bundesbank et Bruno Bandulet, consultant indépendant et éditeur à Münich , ancien collaborateur du président du Land de Bavière (CSU).


Comme on le voit, il ne s’agit pas d’extrémistes. Les deux premiers appartiennent au cercle qui a entrepris autour du juriste Karl Schachtschneider de contester les plans de soutien à la Grèce auprès du Tribunal constitutionnel de Karlsruhe.





Les débats ont mis en relief les contradictions internes de l’union monétaire européenne, dont les chances de succès, à supposer quelles aient jamais existé, ont été obérées au départ par la féroce déflation des coûts salariaux menée par le gouvernement Schroeder en Allemagne et par la politique de l’euro fort consécutive à l’arrivée de Jean-Claude Trichet à la tête de la Banque centrale européenne en novembre 2003 : son prédécesseur Duisemberg avait eu soin au contraire de maintenir le cours de l’euro au plus bas et donc à portée des pays les plus vulnérables.





Parmi les solutions alternatives, les participants ont envisagé, sans en exclure aucun, différents scenarios, depuis le plus libéral : retour au monnaies nationales avec flottement généralisé, jusqu’aux plus structurés : monnaie commune, nouveau système monétaire européen de parités fixes et ajustables, sans oublier la possibilité d’une Europe multizone ( un euro du Nord et un euro du Sud, qui pose la question de ce que serait la place de la France.)





L’événement qui s’est produit à Lyon contrefit bien des idées reçues. Contrairement à la doxa officielle qui tend à opposer aux Allemands, premiers de la classe, les Français mauvais élèves de l’euro , l’opposition à l’ euro est au moins aussi forte en Allemagne qu’en France, non seulement dans l’opinion mais aussi parmi les experts : les positons du Pr Hans Werner Sinn, président de l’IFO de Münich, le plus important institut de recherche économique allemand sont ainsi de plus en plus critiques vis-à-vis de la monnaie unique. Mais face à cette division de l’opinion, le prisme politique a, des deux côtés du Rhin, le même effet déformant : l’opposition ouverte à l’euro est cantonnée aux partis extrémistes ( surtout l’extrême gauche en Allemagne) et à quelques personnalités atypiques du « mainstream » , les participants allemands (et naturellement français) au colloque de Lyon se rattachant à celles-ci. Mais dans les partis classiques, UMP et PS ici, CDU et SPD là, la pression de la pensée unique est au moins aussi forte en Allemagne qu’en France. A l’encontre du stéréotype qui voudrait que les anti-euros ne soient que des franchouillards chauvins sans ouverture internationale, le forum de Lyon montre que ce sont eux au contraire qui font preuve d’une vraie capacité de dialogue européen : aussi curieux que cela paraisse, après cinquante ans d’une construction européenne marquée par le primat de l’économie, le monde des économistes français et celui des économistes allemands s’ignorent largement. Qu’une rencontre de ce type ait pu avoir lieu sous les auspices non point de la monnaie unique mais du souci de la dépasser n’est un paradoxe qu’en apparence.





Le forum de Lyon montre en même temps que la fin de l’euro, si elle se traduirait sans nul doute par un séisme financier de première magnitude, ne serait pas, pour l’Europe et en particulier pour la coopération franco-allemande, la catastrophe que l’on redoute.


Que les participants à ce forum aient promis de se revoir pour étudier notamment comment pourrait s’opérer une sortie ordonnée de l’euro, est singulièrement prometteur pour cette coopération.


C’est pourquoi les eurocritiques allemands comptent beaucoup sur les Français : « L’Allemagne a provoqué d’immenses dégâts en 1914, elle a détruit l’Europe en 1940, elle ne peut se permettre la moindre initiative qui pourrait laisser penser qu’elle veut mettre à bas l’édifice européen actuel : c’est aux Français de prendre l’ initiative », dit un des participants allemands. « Si on regarde les chiffres de PIB, l’euro, c’est d’abord l’Allemagne et la France, les autres ne comptent guère, c’est à eux qu’il convient de prendre les choses en mains », dit un autre.


Il pourrait montrer que la fin de l’euro ne signifie pas nécessairement la fin d’une Europe fondée sur une étroite coopération franco-allemande. Pour tous ceux qui pensent que l’euro est non une protection mais un insupportable carcan, c’est un signe d’espoir.




Roland HUREAUX








source : http://www.observatoiredeleurope.com/Un-forum-franco-allemand-d-economistes-envisage-les-alternatives-a-l-euro_a1653.html

mardi 1 novembre 2011

Les réactions à l'annonce du référendum grec.

Le premier ministre grec a surpris tout le monde avec son annonce de référendum sur le plan de sauvetage de la Grèce, voté jeudi dernier par les dirigeants européens.

Observons les différentes réactions à cette annonce :

1/ Les déclarations de Papandréou.

Pour Papandréou, le référendum «va renforcer la Grèce dans la zone euro et sur le plan international». C'est ce qu'a affirmé le Premier ministre grec lors d'un entretien téléphonique dans la matinée avec son homologue allemande, annonce Athènes.
Toujours selon les services de Papandréou, Angela Merkel a «exprimé sa compréhension et souligné qu'elle comprenait les évolutions en Grèce». Le Premier ministre grec a confirmé qu'il assistera mercredi à Cannes à un «dîner de travail» réunissant les dirigeants allemand et français, les responsables de l'UE et la directrice générale du FMI, Christine Lagarde.

2/ Réactions des marchés financiers

Sur les marchés boursiers, la décision de Georges Papandréou a semé la panique ce mardi : Paris termine à -5,38%, Francfort à -5%. Milan (-6,80%) et Athènes (-6,92%) ont enregistré les plus fortes chutes, alors que Londres (-2,21%) est relativement épargnée.

La Bourse de Paris s'effondre de -5,38%. Le CAC 40 termine à 3.068,33 points. Les banques, considérées comme des baromètres de la confiance du marché, ont payé un lourd tribut à l'annonce venant d'Athènes. La Société Générale a dévissé de 16,23%, BNP Paribas de -13,06%, Crédit Agricole de -12,53%. 17h37.

Les valeurs bancaires ont été en première ligne : les investisseurs redoutent désormais un défaut de paiement de la dette grecque. (rappelons que le plan de sauvetage incluait l'acceptation par les banques de 50% de leurs créances soit 100 milliards d'euros sur 350).

L'euro en baisse face au dollar. Après avoir atteint jeudi 1,4247 dollar après l'adoption du plan anticrise, l'euro a commencé à chuter lundi soir, après l'annonce d'un referendum en Grèce. Ce mardi, à 15 heures, la monnaie unique valait 1,3652 dollar, après avoir accusé une baisse à1,3609 dollar à 13h50.

3/ Réaction du gouvernement français

«Déterminé» à faire appliquer le plan de sauvetage de la Grèce, le couple franco-allemand souhaite qu'une «feuille de route» soit rapidement mise en place. Mercredi à Cannes, juste avant le G20, et se retrouveront dans l'après-midi pour une réunion de consultation avec les institutions européennes et le FMI. Ils ont également prévu de s'entretenir avec les autorités grecques.


4/ Autres réactions défavorables

L'Institut de la finance internationale (IIF), qui représente les grandes banques du monde, souhaite faire avancer les négociations sur l'effacement d'une partie de la dette grecque, malgré l'annonce d'un référendum sur le sujet en Grèce. Il «réaffirme son intention d'aller de l'avant pour réduire de 50% le montant nominal des obligations d'Etat grecques détenues par le secteur privé».16 heures.


Juncker : «La Grèce risque la faillite». Le président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker «ne peut pas exclure» une faillite de la Grèce en cas de non au référendum. «Cela dépendra de la manière dont la question sera exactement formulée et sur quoi exactement les Grecs vont voter», précise-t-il, sur RTL, regrettant que Papandréou ait «pris sa décision sans en informer ses collègues européens».

La Banque mondiale craint «le bazar». «Si ça (le référendum en Grèce, ndlr) passe, ce pourrait être un signal positif pour les gens. Si cela échoue ce sera le bazar!», estime Robert Zoellick le président de la Banque mondiale.

Yves Leterne, premier ministre Belge :
Qui est responsable ? Le Premier ministre grec, George Papandréou, «porte une très lourde responsabilité» avec sa décision de soumettre à référendum le plan de sauvetage européen pour son pays, car il a créé de l'insécurité, déclare le Premier ministre belge, Yves Leterme. «Papandréou porte une très lourde responsabilité», affirme-t-il dans des déclarations aux médias belges, «les marchés ont besoin de stabilité et de sécurité».

Christian Estrosi.
«Cette décision me paraît incompréhensible. Quand on sait le mal que Nicolas Sarkozy et Angela Merkel ont eu à faire adopter ce plan courageux, je déplore cette décision qui me paraît totalement irresponsable de la part du Premier ministre grec», regrette le député-maire UMP de Nice. «Lorsque l'on est en situation de crise et que d'autres veulent vous aider, il est insultant de tenter de sauver sa peau plutôt que prendre ses responsabilités», ajoute Christian Estrosi, souhaitant que le «Premier ministre grec revienne sur sa décision».

4/ Réactions favorables :

4.1/ Nicolas Dupont Aignan

Bourdin 2012 : Nicolas Dupont-Aignan par BFMTV


Invité mardi matin au micro de Jean-Jacques Bourdin, sur BFM-TV et RMC, Nicolas Dupont-Aignant, chef de file de Debout la République, a fustigé l'accord de Bruxelles signé la semaine dernière. Le député de l'Essonne a fustigé ce plan de sauvetage de la zone Euro. Pour lui, le référendum grec sur ce plan d'aide européen, annoncé hier par le premier ministre Georges Papandreou, «est un sursaut de dignité du peuple».
Il a réafirmé son crédo : sortir de l'euro.
Le maire de Yerres assure qu'il avait déjà prévenu que cette «monnaie allait exploser en vol» il y a quelques mois, notamment dans un livre.
«Il faut relocaliser les emplois en France, il faut relocaliser le pouvoir», a plaidé le souverainiste, qui propose «un protectionisme en taxant les produits de l'étranger».

4.2/ Marine Lepen
Marine Le Pen approuve Papandréou. La présidente du Front national estime que le référendum grec sur le plan d'aide à ce pays est «la moindre des choses» et constitue «aussi un moyen de préparer la sortie de l'euro».

Florian Filippo, directeur de campagne de Marine Lepen : «Après le coup de communication du sommet (de la semaine dernière) et le service après-vente de Nicolas Sarkozy sur toutes les chaînes de télévision, le réel reprend une nouvelle fois le dessus: l'accord européen ne convainc pas (...)». il plaide, une nouvelle fois, pour une fin organisée et concertée de l'expérience malheureuse et ratée de l'euro».

4.3/ Jean Luc Mélanchon
De la «démocratie» pour Jean-Luc Mélenchon. «Il y a eu 13 grèves générales en Grèce et chacune a réclamé un référendum, Georges Papandréou savait qu'il ne pourrait pas tenir plus longtemps sans consulter le peuple grec», déclare le candidat du Front de gauche sur France Info, ajoutant que c'était «un minimum de démocratie» et que le non risquait de l'emporter.

4.4/ Eva Joly
Une porte vers d'autres options, espère Joly. «Le risque du non du peuple grec aurait le mérite de remettre les contreparties du plan de sauvetage en question et d'ouvrir la porte à une nouvelle discussion et à d'autres options qui n'ont pas été prises en compte par la commission européenne, la Banque centrale européenne et le Fonds monétaire international», estime Eva Joly dans un communiqué.

4.5/Attac
Attac se félicite. «L'annonce, hélas trop tardive, par Georges Papandréou de l'organisation d'un référendum sur le plan européen d'aide à la Grèce, est une première avancée de la démocratie face aux plans d'austérité qui s'abattent partout en Europe», écrit l'organisation altermondialiste Attac dans un communiqué.




Une situation qui semble incontrôlable

 Petites brèves d'un début de semaine difficile

Le 10 ans Italien continue sa hausse inquiétante

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les CDS (credit default swaps), contrats d'assurance contre le défaut de remboursement, progressaient pour la grande majorité des pays mardi, Etats-Unis et Allemagne compris, après l'annonce d'un référendum grec sur le plan de sauvetage européen. Le cas italien est spécifique puisque la hausse des taux s'est poursuivie immédiatement après le sommet du 27, donc bien avant l'annonce du référendum. 


Olivier Delamarche aujourd'hui sur BFM Business :


"Ce relent de démocratie est amusant, on demande aux moutons comment ils veulent se faire tondre"


Dépôt de bilan du courtier MF Global, le 10ème plus important de l'histoire US :

C'est la fin d'un des noms phares de Wall Street. Le courtier américain MF Global affaibli par la dette européenne et qui vient de connaître une semaine noire, s'est placé lundi 31 octobre sous la protection du régime des faillites. Avec des actifs de plus de 41 milliards de dollars, le groupe entre dans l'histoire des 10 plus gros dépôts de bilan des Etats-Unis depuis plus de 30 ans.

L'avis de Jacques Sapir sur le sommet du 27 octobre 2011 :

« L’accord réalisé cette nuit ne fera que prolonger l’agonie de l’euro car il ne règle aucun des problèmes structurels qui ont conduit à la crise de la dette. Mais, en plus, il compromet très sérieusement l’indépendance économique de l’Europe et son futur à moyen terme. C’est en fait le pire accord envisageable, et un échec eût été en fin de compte préférable. Nos gouvernements ont sacrifié la croissance et l’indépendance de l’Europe sur l’autel d’un fétiche désigné euro ».

Spéculation: l'Italie accuse Sarkozy

Le président français Nicolas Sarkozy a contribué à alimenter une "attaque spéculative" contre l'Italie sur les marchés financiers avec ses commentaires consécutifs au dernier sommet de la zone euro, a assuré le ministre italien des Affaires étrangères Franco Frattini. "Les spéculateurs commençaient déjà à parler d'un  Lundi noir  pour l'Italie après le sommet vendredi. Cela prouve que l'attaque spéculative contre l'Italie était planifiée", a estimé M. Frattini dans un entretien au journal Il Messagero. 
Les tensions restent donc vives entre les deux pays comme suite au sommet du 27 octobre où Merkel et Sarkozy ont été accusés de se "moquer de l'Italie" (voir la presse italienne à ce sujet, elle est éloquente, à tort ou à raison). 

lundi 31 octobre 2011

Papandréou annonce un référendum sur l'accord de Bruxelles.

Le Premier ministre grec Georges Papandréou a annoncé lundi 31 octobre l'organisation d'un référendum en Grèce et d'un vote de confiance au parlement sur l'accord conclu la semaine dernière (*) au sommet européen de Bruxelles pour effacer une partie de la dette publique grecque.

"La volonté du peuple grec s'imposera à nous" , a déclaré Georges Papandréou au groupe parlementaire socialiste, tout en indiquant aussi qu'il allait demander un vote de confiance au Parlement sur l'accord sur la dette.

Moins de 13% des Grecs jugent les décisions du sommet positives

Les Grecs "veulent-ils l'adoption du nouvel accord ou le rejettent-ils ? Si les Grecs n'en veulent pas, il ne sera pas adopté", a déclaré le Premier ministre.

Des manifestations se sont déroulées vendredi dernier dans de nombreuses villes à travers le pays, à l'occasion des célébrations de la fête nationale, pour protester contre la politique d'austérité du gouvernement socialiste et les conséquences de l'accord européen qui donnent aux créanciers plus de contrôle sur la politique budgétaire du pays, faisant craindre à certains une perte totale de souveraineté.

Un sondage paru le week-end dernier montre qu'une majorité de Grecs jugent les décisions du sommet négatives, 12,6% seulement les jugeant positives. Le sondage, mené par l'institut Kapa Research pour le journal To Vima, a été mené auprès de 1.009 personnes.

Sommet marathon

Georges Papandréou dispose d'une majorité de 153 députés au parlement (sur 300 sièges) mais fait face à une montée des oppositions au sein de son propre parti.

Jeudi dernier, au terme d'un sommet marathon, les dirigeants européens ont trouvé un accord avec les banques pour effacer une partie de la dette grecque détenue par les banques créancières du pays.

L'accord conclu avec les banques porte sur un renoncement de 50% de leurs créances, soit cent milliards d'euros sur un total d'endettement public du pays de 350 milliards d'euros. Athènes recevra en outre de nouveaux prêts internationaux de 100 milliards d'euros également d'ici fin 2014, dans le cadre d'un programme qui remplace celui de 109 milliards d'euros décidé en juillet par l'UE et le FMI.

Une dette de 350 milliards

Par ailleurs, dans le cadre de l'accord, 30 milliards d'euros sont réservés aux banques grecques, qui vont beaucoup souffrir de l'opération d'échange de dettes à 50% de leur valeur, étant les plus grosses détentrices d'obligations souveraines grecques.

En échange, le pays doit accepter un vraisemblable renforcement des contrôles sur sa politique budgétaire, jusqu'à présenté contrôlée tous les trois mois par une "troïka" où sont représentés les trois principaux créanciers du pays : Union européenne, Banque centrale européenne et Fonds monétaire international.

A l'issue de l'accord jeudi, le gouvernement grec a indiqué que des membres de la troïka seraient désormais en permanence en Grèce.

La dette de la Grèce s'élève à 350 milliards d'euros, soit environ 160% de son PIB. Selon les termes de l'accord, la dette devrait être ramenée à 120% du PIB d'ici 2020.

sources : Le Nouvel Observateur - AFP


(*) l'accord conclu le 27 octobre consiste en quelques mesures phares :
- effacement de 50% de la dette grecque avec l'accord des banques créancières.
- Athènes recevra en outre de nouveaux prêts de l'Europe et du FMI de 100 milliards d'euros également d'ici fin 2014, dans le cadre d'un programme qui remplace celui de 109 milliards d'euros décidé en juillet.
- En compensation, un accord a été trouvé pour recapitaliser les établissements qui en auraient besoin. Les besoins ont été chiffrés à 106 milliards d'euros par l'Autorité bancaire européenne (EBA). Toutefois, les marchés estiment qu'ils sont nettement supérieurs. Le FMI a lui-même parlé de 200 milliards d'euros.
- le FESF est porté de 440 milliards à 1.000 milliards pour permettre de lutter contre une éventuelle contagion de la crise des dettes souveraines aux autres.

L'argent grec se planque en Suisse ?

En 2009, le courtier Helvea, filiale de la banque privée genevoise Pictet, révèle que, de tous les étrangers plaçant leurs économies en Suisse, les Grecs étaient les plus mauvais contribuables. Seulement 1 % des sommes déposées étaient déclarées (contre 3 % pour les Français). Écrasée par les dettes, Athènes s'est sans doute penchée sur cette étude avec beaucoup d'attention. Rappelons que le montant total de la dette grecque se monte à 350 milliards et que l'effort demandé par les dirigeants de la zone euro aux banques européennes pour éponger une partie de cette dette est de 100 milliards.

Mais à combien se monte le bas de laine grec dans les établissements financiers helvétiques ? Athènes avance le chiffre de 280 milliards d'euros. Plus récemment, le Financial Times Deutschland parlait de 165 milliards d'euros. Cela peut paraître beaucoup, sachant que l'on estime les avoirs allemands en Suisse autour de 230 milliards d'euros. Toutefois, cette fuite des capitaux n'a cessé de s'accélérer depuis le début de la crise. Pour la seule année 2010, les habitants d'Athènes ou de Thèbes ont retiré 35 milliards d'euros des banques grecques. 

Source lepoint.fr

dimanche 30 octobre 2011

FESF : on a gagné du temps

La réaction euphorique des marchés jeudi, au lendemain du sommet des dirigeants de la zone euro, a montré que ceux-ci avaient réussi, au moins à court terme, à éloigner les craintes d'un effondrement de la monnaie commune.

Les mesures annoncées vont en effet beaucoup plus loin que celles promises à l'issue du sommet du 21 juillet, déjà censé apporter des réponses à la crise grecque. A l'époque elle avaient eu l'effet d'un pétard mouillé.



Les banques se sont engagées à renoncer à la moitié de leurs créances sur la dette grecque contre 21% à l'époque, l'aide publique à Athènes a été relevée, le Fonds censé venir en aide aux pays en difficulté de la zone euro (FESF) disposera de 1.000 milliards d'euros au lieu de 440 milliards, les banques seront recapitalisées et la discipline budgétaire européenne renforcée.

Mais ce plan suscite de nombreuses interrogations: quel va être le degré effectif de participation volontaire des banques à la réduction de la dette grecque ? L'exigence de recapitalisation des établissements financiers ne va-t-il pas les conduire à réduire leurs encours de crédit au lieu d'injecter des liquidités dans l'économie ? Le FESF attirera-t-il suffisamment d'investisseurs pour fonctionner à pleine capacité ?

Sur ce dernier point, la Chine a indiqué vendredi qu'elle attendait des clarifications avant de s'engager à investir dans le nouveau mécanisme du Fonds destiné à accueillir les contributions des pays émergents.
Mais surtout: les marchés peuvent-ils retrouver confiance dans la zone euro si la Grèce s'enfonce un peu plus dans la récession, si l'Italie s'avère incapable de réduire sa dette colossale et si le ralentissement économique complique encore la réduction des déficits.

En Grèce, les banques devront renoncer à 100 milliards d'euros sur les 350 milliards de dette du pays. L'objectif est de ramener son taux d'endettement à 120% du PIB en 2020 contre 165% prévu fin 2011.
A cela s'ajouteront cent milliards d'euros de prêts de l'Europe et du FMI, ainsi que 30 milliards d'euros de garanties du FESF aux banques créancières de la Grèce qui acceptent la "décote": soit un effort total de 230 milliards d'euros.

Mais même si le gouvernement réussit à convaincre ses créanciers, la Grèce, contrainte à une austérité maximale, risque de s'enliser dans la récession.

Dans ce cas "la dette sera beaucoup plus importante que 120% en 2020 et par conséquent, de nouvelles restructurations ou un nouveau défaut grec restent très probables à l'avenir", écrit Jonathan Loynes, analyste à Capital Economics.

"Les problèmes structurels en matière de croissance et de consolidation budgétaire demeurent énormes en Grèce", souligne Guntram Wolff, du centre de réflexion Bruegel. L'Italie est elle aussi au centre des attentions. Si les partenaires européens du chef du gouvernement Silvio Berlusconi ont paru satisfaits des réformes qu'il leur a présentées mercredi, notamment un relèvement de l'âge de la retraite à 67 ans, les investisseurs restent sceptiques sur leur mise en oeuvre: vendredi, les taux d'intérêt auxquels l'Italie finance sa dette publique ont grimpé.

L'Espagne fait aussi partie des pays auxquels des efforts ont été demandés pour relancer la croissance, mais les grandes économies de la zone euro n'offrent pas non plus de perspectives flamboyantes: en France, le président Nicolas Sarkozy a annoncé jeudi une révision drastique de la prévision de croissance pour 2012, ramenée de 1,75% à 1%, --comme en Allemagne--, avec à la clé un nouveau plan d'austérité de 6 à 8 milliards d'euros.

"Nous nous attendons toujours à ce que la crise provoque une récession prolongée et à ce que la zone euro dans sa forme actuelle finisse par disparaître", écrit, pessimiste, Jonathan Loynes.

FESF - Le coût de la dette italienne grimpe encore malgré l'accord

Comme prévu l'accord du jeudi 27 octobre ne rassure personne et surtout pas les investisseurs : le taux italien continue son inquiétante ascension.


Les taux d'intérêt des titres à échéance 2022 ont dépassé la barre symbolique des 6%, seuil considéré comme dangereux par les analystes, en s'inscrivant à un niveau record de 6,06% contre 5,86% le 29 septembre, date de la dernière opération similaire. "Malgré l'euphorie" des marchés qui ont salué jeudi le plan européen destiné à réduire fortement la dette de la Grèce et à empêcher la contagion de la crise à l'Italie, "les taux italiens continuent de flirter avec les 6%".

Sur les marchés boursiers, l'inquiétude était palpable vendredi : la Bourse de Milan a lâché près de 2% en début d'après-midi après une émission obligataire décevante qui a même fait flancher la Bourse de Paris.