Le budget 2012 de la France est entré en examen mardi 18 octobre à l'Assemblée nationale avec une priorité:
la réduction du déficit public.
ContexteLe poids de la dette, cette année, atteint la somme record de 1 646 milliards d’euros, soit 85,4% du PIB. Pour la première fois, la charge de la dette est le premier poste de dépenses, devant l’Education nationale et la Défense. La France est donc encore loin des critères très stricts du fameux Pacte de stabilité qui impose une dette inférieure à 60% du produit intérieur brut (PIB) et un déficit public inférieur à 3% du PIB.
Objectifs du Projet de Loi de FinancesLe projet de loi de finances (PLF) vise à le ramener de
5,7% du PIB (produit intérieur brut) cette année, à
4,5% l'an prochain, avec des mesures expliquées ci-dessous.
Les dépenses du budget général sont prévues à 363 milliards d’euros pour 2012.
Prévisions de croissance.Le texte s'appuie sur une prévision de croissance pour 2012 à
1,75% du PIB(*1). Il prévoit de faire reculer le déficit de l'Etat à
81,8 milliards d'euros, contre 95,5 milliards attendus cette année.
Le gouvernement espère réduire encore ce déficit d'un milliard d'euros, à 80,8 milliards, après la mise en oeuvre du plan de rigueur annoncé par le Premier ministre François Fillon le 24 août.
L'objectif de réduction des déficits est "intangible" et il sera "tenu à l'euro près", avait affirmé Nicolas Sarkozy lors de la présentation du PLF en conseil des ministres, le 28 septembre dernier.
Mesure N°1 : la contribution exceptionnelle pour les hauts revenus.L'une des mesures les plus emblématiques du texte, la "contribution exceptionnelle" de 3% pour les hauts revenus, a été durcie par les députés lors de son passage en commission. Ainsi, cette taxe s'appliquera dès le seuil de 250.000 euros par part fiscale (contre 500.000 euros auparavant) et elle sera majorée à 4% pour les revenus supérieurs à 500.000 euros.
Initialement limitée au revenus > 500.000 euros la mesure devait rapporter 200 millions d'euros par an.
Mesure N°2 : taxe sur les boissons sucréesAutre taxe nouvelle qui prête à discussion, celle sur les boissons à sucre ajouté . En commission, les députés ont souhaité la doubler, afin d'en destiner le surplus au secteur agricole, et l'élargir aux boissons contenant des édulcorants. Mais le ministre de la Santé Xavier Bertrand et la ministre du Budget Valérie Pécresse se sont opposés à ces modifications, qui devraient faire l'objet d'amendements gouvernementaux lors du débat dans l'hémicycle.
Dans l'hypothèse d'une seule hausse de la TVA sur les boissons sucrées passant de 5,5% à 19,6%, le gain sera de 120 millions d’euros.
Mesure N°3 : suppression de poste de fonctionnairesPar ailleurs, le projet de loi prévoit la suppression de 30.400 postes de fonctionnaires dans le cadre du non-remplacement d'un départ à la retraite sur deux.
Sont notamment concernés l’Education nationale (- 14 400 postes), la Défense (- 7 462), l’Intérieur (- 3 621 euros) et le Budget (-2 870 euros). Et les crédits des ministères du Travail et de la Communication vont baisser.
Mesure N°4 : réduction des niches fiscalesPour la seconde année consécutive, le PLF s'attaque aux niches fiscales, en visant un objectif de réduction de 10%. Ne sont pas concernés les avantages d'incitation à l'emploi (aide fiscale pour l'emploi d'un salarié à domicile, crédit d'impôt pour frais de garde des jeunes enfants) et le dispositif d'incitation fiscale en faveur du logement social ultra-marin.
Cette mesure rapportera environ 400 millions d’euros, mais pas avant 2013, car elle s’appliquera aux revenus en 2012. A partir de 2012, les exonérations fiscales des heures supplémentaires deviennent moins avantageuses pour les employeurs ; soit 600 millions d’euros de plus pour les caisses de l’Etat.
Plusieurs dérogations sur la CSG (contribution sociale généralisée) seront également supprimées, ce qui devrait rapporter 800 millions d’euros.
Mesure N°5 : taxes sur l'immobilierPlusieurs autres mesures du projet de budget 2012 concernent l'immobilier, à commencer par la taxe sur les très petits logements -de type chambre de bonne- de moins de 13 m2 loués plus de 40 euros le mètre carré. Le dispositif Scellier, destiné à favoriser l'investissement locatif, sera nettement revu à la baisse l'an prochain.
Mesure N°6 : taxe sur la production de CO2Enfin, le gouvernement introduit une taxe exceptionnelle pour les industriels soumis aux quotas de dioxyde de carbone (CO2). Il espère tirer 200 millions d'euros de cette mini-taxe carbone.
Sources :
http://www.challenges.fr/economie/20111017.FAP6756/le-budget-2012-entre-en-examen-mardi-a-l-assemblee.htmlet
http://www.rfi.fr/france/20110927-le-budget-2012-france-veut-reduire-le-deficit(*1) :
Pour bâtir son budget, le gouvernement table sur une hypothèse de croissance d’au moins 1,75%, mais les économistes sont plus pessimistes pour 2012 (fourchette située entre 1,4% et 1,75%). Dès lors, où trouver les recettes qui devraient être comprises entre 264 et 276 milliards ?