jeudi 13 octobre 2011

13/10/2011 : la Slovaquie accepte l'élargissement du FESF

Après avoir rejeté l'élargissement du FESF, mardi 11 octobre, la Slovaquie a cédé à la pression de l'Union Européenne et a du procéder à un second vote jeudi 13 octobre, conforme cette fois aux voeux de Baroso et compagnie : permettre au FESF d'intervenir à hauteur de 440 milliards d'€ (contre 250 aujourd'hui).


En réalité, la Slovaquie n'avait pas le choix
Pour mener a bien cette décision d'élargissement du FESF, les statuts imposaient l'accord unanime des Etats de la zone euro.
Les 16 autres Nations ayant accepté ce projet, la Slovaquie pouvait-elle, seule s'y opposer ?
Quels que fussent ses intérêts, et malgré l'hostilité du pleuple slovaque à l'égard de ce projet, la pression était trop forte pour ce petit pays :
Plusieurs personalités de l'Union Européenne ont pesé pour faire plier la Slovaquie :
- "Je fais confiance aux autorités de Slovaquie" pour organiser un deuxième vote, avait dit le chef de la diplomatie française Alain Juppé.
- "Tous les pays de l'Union européenne doivent prendre part au combat" pour résoudre la crise de la dette, a insisté de son côté la chancelière allemande Angela Merkel, portant une grave accusation contre les députés rebels.
- Les président de l'Union européenne et de la Commission européenne, Herman Van Rompuy et José Manuel Barroso, ont en effet rappelé à l'ordre Bratislava, l'incitant "à dépasser les considérations politiques à court terme et à utiliser la prochaine occasion pour adopter rapidement un nouvel accord".


Un avenir radieux ?
l'heure est maintenant à l'optimisme :
- Les présidents de l'Union européenne (UE), Herman van Rompuy, et de la Commission européenne, José Manuel Barroso, ont salué dans un communiqué commun un vote qui rend le fonds "pleinement opérationnel" et dote l'UE d'un "instrument plus fort et plus souple pour défendre la stabilité financière de la zone euro".
Cette approbation du renforcement des moyens du FESF donne à l'UE plus de sérénité pour envisager la suite des événements, à quelques jours d'un grand sommet des dirigeants européens le 23 octobre à Bruxelles pour sauver la Grèce et la monnaie commune, qui sera précédé durant deux jours par des réunions ministérielles.
"Le FESF et son conseil d'administration vont finaliser rapidement toutes les procédures nécessaires pour permettre l'utilisation de ce nouvel instrument dans un avenir proche", a réagi son président, Klaus Regling, dans un communiqué.


Et pourtant ... la fuite en avant de l'UE devrait se poursuivre !
D'ores et déjà, il est question de démultiplier la force de frappe du FESF sans que les Etats n'apportent plus d'argent qu'ils ne l'ont déjà fait.
Une option à l'étude permettrait de porter sa capacité d'intervention jusqu'à 2.500 milliards d'euros, contre 440 milliards actuellement, via un mécanisme de garantie partielle pour les détenteurs de titres de dette publique de la zone euro, selon des sources européennes.
Le gouvernement français a confirmé jeudi que cette option était privilégiée, tout en manifestant sa préférence pour une solution consistant à transformer le Fonds de secours en établissement bancaire, à laquelle la BCE et l'Allemagne sont hostiles.
Les établissements créanciers d'Athènes devront "probablement" effacer plus de dette que prévu, a dit cette source à la veille de l'ouverture d'une réunion des ministres des Finances du G20 à Paris, reconnaissant ainsi ce qui était devenu ces dernières semaines un secret de Polichinelle.
Assurant que les Européens étaient "en train de travailler" sur cette question, le ministère a précisé que l'effort demandé serait "probablement plus haut" que les 21% de "décote" de la dette grecque décidés pour les banques le 21 juillet.
"Les discussions portent sur une décote de 50%" aujourd'hui, a précisé à l'AFP une source gouvernementale européenne.

mercredi 12 octobre 2011

11/10/2011 : La Slovaquie refuse l'élargissement du FESF



Les députés slovaques ont décidé de rejeter le renforcement du FESF qui devait être ratifié par tous les pays de la zone euro.
Cela met un terme (du moins provisoirement) à cette fuite en avant envisagée comme solution à la crise de la dette des Etats (en particulier de la Grèce) qui consistait à autoriser le FESF à emprunter 440 milliards d'euro (au lieu d'un maximum actuel fixé à 250 milliards), or cet élargissement devait être ratifié à l'unanimité par les pays de la zone euro.

Pour quelles raisons la Slovaquie a t'elle dit NON ?

Hostilité à l'Union Européenne
Ce refus de la Slovéquie n'est en réalité pas une surprise : le parti libéral "Liberté et Solidarité" (SaS) était dès le départ farouchement opposé à l'élargissement du FESF.

Pour le chef de file du SaS, Richard Sulk, l'unique solution à la crise de la dette réside dans le respect par l'ensemble des Etats membres des règles d'équilibre budgétaire. La Slovaquie n'a pas à payer pour l'irresponsabilité de la Grèce, assène-t-il. Bratislava avait d'ailleurs déjà été la seule à avoir refusé de participer au premier prêt d'urgence accordé à la Grèce en 2010.
Ce discours rencontre un écho particulier dans une société de plus en plus hostile à l'Europe, alors que s'atténue l'enthousiasme de l'adhésion à l'Union européenne en 2004 et à la zone euro en 2009. Selon les sondages, 70 % des Slovaques sont opposés au renforcement du fonds de stabilisation, de même que de nombreux hommes politiques de tous bords.

Difficultés Economiques
Car la Slovaquie, durement touchée par la crise économique, est aujourd'hui l'une des économies les plus pauvres de la zone euro, bien plus fragile que la Grèce.
Ce pays post-communiste, mise dans les années 2000 sur l'industrie automobile et attire de grands constructeurs comme PSA, Audi, Kia ou Volkswagen et se développe rapidement. Jusqu'en 2007, la croissance oscille autour de 10 %, tandis que le déficit budgétaire et le chômage sont au plus bas.

La crise économique change la donne. "L'industrie automobile était exportatrice à 80 %. Lorsque les marchés se sont rétractés, la Slovaquie a perdu beaucoup d'argent", dit Etienne Boisserie, spécialiste de la Slovaquie. Aujourd'hui, la croissance dépasse difficilement la barre des 1 %, le déficit a atteint 8 % du PIB et le pouvoir d'achat ne représente que les trois quarts de la moyenne européenne. Avec 780 euros, la moyenne des salaires slovaques se hisse juste au-dessus du salaire minimum grec, qui atteint 750 euros.
Le renforcement du FESF, un outil destiné à venir en aide aux pays en difficulté financière (dont la Grèce, lourdement endettée), s'apparente donc un réel effort pour les Slovaques : La contribution de la Slovaquie évaluée 7,7 milliards d'euros ce qui représente 10 % du PIB slovaque !

"COUP POLITIQUE"
Malgré toutes ces raisons de bon sens, les députés slovaques sont indécis et s'ils ont rejeté le texte, c'est aussi en raison de divergences politiques, et de calculs politiciens.
"Ce vote négatif met en lumière les faiblesses et le manque de cohérence de la coalition de centre-droit actuellement au pouvoir, notamment sur les questions économiques", estime Etienne Boisserie. Sans les 22 députés libéraux du SaS, qui n'ont pas participé au vote, la coalition et ses 55 députés restants ne pouvait en effet pas songer à obtenir la majorité requise de 76 élus sur 154. Par contre, les 64 voix de l'opposition sociale-démocrate (Smer-SD), favorable au renforcement du fonds, auraient pu faire pencher la balance en faveur du plan européen. "Les sociaux-démocrates estiment, à l'image d'une partie de la coalition, que la solidarité doit primer au sein de l'Union européenne, et que l'on ne peut profter de ses avantages sans pâtir de ses inconvénients", explique Grigorij Meseznikov, politologue à l'Institut des affaires publiques de Bratislava.
Mais lors de ce vote, les enjeux de politique intérieure slovaque ont pris le dessus sur les préoccupations européennes. La première ministre, Iveta Radicova, affaiblie depuis plusieurs mois, a assorti le vote du renforcement du fonds d'un vote de confiance du gouvernement. Et l'opposition a saisi l'occasion pour fragiliser le pouvoir en place. "Les sociaux-démocrates ont préféré s'abstenir plutôt que de soutenir le gouvernement, analyse Etienne Boisserie. Mais surtout, ils ont fait un coup politique en proposant un accord au gouvernement : ils voteront en faveur du plan européen à condition de dissoudre le Parlement et de convoquer des élections législatives anticipées."
"Le gouvernement d'Iveta Radicova n'a eu d'autre choix que d'accepter car il a perdu toute légitimité", assure Grigorij Meseznikov.

RATIFICATION ASSURÉE... DANS QUELQUES JOURS
L'accord a été scellé mercredi. L'opposition a obtenu des élections anticipées pour mars 2012 en contrepartie desquelles elle s'est engagée à voter en faveur du renforcement du Fonds de secours de la zone euro, conférant ainsi à la coalition une majorité confortable de 119 sièges. Le second vote aura lieu au Parlement d'ici "vendredi au plus tard", a indiqué le chef des sociaux-démocrates, Robert Fico, assurant que "le parlement va ratifier le FESF sans le moindre problème".

Selon LeMonde, l'image de la Slovaquie sur la scène européenne pourrait pâtir de ce jeu de poker menteur.
Peu soucieux de respecter la décision Slovaque, les présidents de l'Union européenne et de la Commission européenne, Herman Van Rompuy et José Manuel Barroso, ont rappelé à l'ordre Bratislava dès le lendemain du vote, l'incitant "à dépasser les considérations politiques à court terme et à utiliser la prochaine occasion pour adopter rapidement un nouvel accord".

"Pendant trois jours, Bratislava aura peut-être une image de vilain petit canard, affirme Etienne Boisserie. Mais elle sera vite effacée car une majorité de députés a conscience de l'urgence et du fait que si la Slovaquie n'adopte pas le plan, elle en paiera le prix pendant de nombreuses années."

Ainsi va la démocratie en Europe ...

source : http://www.lemonde.fr/europe/article/2011/10/12/pourquoi-la-slovaquie-s-est-opposee-au-fonds-de-secours-europeen_1586077_3214.html

Les garanties du FESF en question

Le Fonds Européen de Stabilité Financière n’a pas d’argent. Le FESF va donc emprunter des centaines de milliards d’euros sur les marchés internationaux, et ensuite il va pouvoir prêter cet argent aux cinq Etats européens en difficulté.

Le FESF a un plafond de 440 milliards d’euros :  les 17 Etats européens membres de la zone euro apportent une garantie de 780 milliards d'euros au FESF. Les 7 plus gros donateurs sont :

1- L'Allemagne avec une garantie de 211,045 milliards d'euros.
2- La France avec une garantie de 158,487 milliards d'euros.
3- L'Italie avec une garantie de 139,267 milliards d'euros.
4- L'Espagne avec une garantie de 92,543 milliards d'euros.
5- La Grèce avec une garantie de 21,897 milliards d'euros.
6- Le Portugal avec une garantie de 19,507 milliards d'euros.
7- L'Irlande avec une garantie de 12,378 milliards d'euros.

Le texte "AMENDMENT TO THE EFSF FRAMEWORK AGREEMENT", en date du 29.09.2011, est consultable ICI, les garanties par pays sont présentées à la page 27 du document.

En synthèse les cinq Etats européens en faillite, ou en passe de l'être (Portugal, Irlande, Italie, Grèce, Espagne) apportent une garantie de 285 milliards d'euros, soit plus de 36% du FESF.

Pour sauver cinq états en difficulté, on invente un fond garanti à 36% par ceux que le fond est censé sauver.


Dieu rit des hommes qui se plaignent des conséquences dont ils chérissent les causes.
BOSSUET

FESF - définition

Le FESF (Fond Européen de Stabilité Financière) - Définition

Le FESF est un fond commun de créances, visant à préserver la stabilité financière en Europe en fournissant une assistance financière aux États de la zone euro en difficulté économique.

C'est la Banque Européenne d’investissement qui fournit les services de gestion de trésorerie et la gestion administrative dans le cadre d'un contrat de service.

Le FESF est complété par le MESF (Mécanisme Européen de Stabilisation Financière), qui, à la différence du FESF, est garanti par le budget de la Commission européenne, c'est-à-dire in fine par tous les États de l'UE (pas uniquement ceux de la zone euro).


Chronologie :

Le 9 mai 2010 : les 27 états membres de l’Union Européenne approuvent la création du FESF.
Juin2010 : Création du FESF. Klauss Regling est nommé Directeur Général du FESF.


25 janvier 2011 : Le FESF émet ses premières obligations. Ce sont des obligations à 5 ans pour un montant de 5 milliards d'euros dans le cadre d'une aide financière commune UE / FMI à destination de l'Irlande.






11 mars 2011 : sommet de l'eurozone réunissant les dirigeants des pays de la zone euro, lors duquel un accord a été trouvé pour augmenter la capacité d'intervention effective du FESF à 440 milliards d'euro, (au lieu de 250 milliards) grâce à une augmentation des garanties des États de la zone euro. Par ailleurs, depuis ce sommet, le FESF a le droit d'acheter de la dette primaire, c'est-à-dire nouvellement émise, des États. L'objectif est de pouvoir aider la Grèce et d'autres pays fortement endettés (Portugal, Italie)

21 juillet 2011 : les européens ont décidé d'élargir le rôle du FESF: il pourra maintenant racheter des obligations d'Etat sur le marché secondaire, participer au sauvetage des banques en difficulté, prêter à des États en situation difficile. Son action est conditionnée à l'avis unanime des pays participants et de la BCE. Ces dispositions ne rentreront en vigueur qu'après ratification par les parlements nationaux.



11 octobre 2011 : la Slovaquie refuse de ratifier l’élargissement du rôle du FESF qui lui aurait coûté 7,7 milliards d’€. Ce qui bloque le processus admis par les 16 autres Etats de la zone euro. L’Union européenne exige alors de la Slovaquie qu’elle refasse un vote vendredi 14/10/2011...





* * * futur proche : * * *



En 2013 : Le FESF et le mécanisme européen de stabilisation financière seront remplacés par le Mécanisme de stabilité européen.




Site officiel (en anglais) : http://www.efsf.europa.eu/about/index.htm



lundi 10 octobre 2011

Crise de la dette : l'UE n'a toujours pas trouvé les solutions

source : Article du Monde - 10/10/2011.



Les dirigeants européens ont décidé, lundi, de reporter au 23 octobre un sommet très attendu sur la crise de la dette.
Objectif : peaufiner leur réponse, en particulier sur la situation des banques, qui inquiète de plus en plus.
A l'origine, il était prévu que les chefs d'Etat ou de gouvernement de l'Union européenne se retrouvent le 17 octobre à Bruxelles, avant un sommet des seuls dirigeants des pays de la zone euro le lendemain matin. Mais le président de l'UE, Herman Van Rompuy, a annoncé avoir reporté ces réunions et décidé de tout concentrer le 23 octobre. "Cette nouvelle date va nous permettre de finaliser une stratégie globale concernant la crise de la dette dans la zone euro", a-t-il indiqué. Le président de l'UE espère y voir plus clair concernant la mission des bailleurs de fonds – la troïka – en Grèce, qui doit décider du versement d'une tranche d'aide de 8 milliards d'euros. Profitant du report de ce sommet, Herman Van Rompuy et le premier ministre grec, George Papandréou, ont convenu d'une rencontre à Bruxelles jeudi. La réunion entre les deux hommes, qui s'étaient déjà rencontrés le 30 septembre, commencera très tôt dans la matinée. Après plusieurs rendez-vous manqués avec les marchés financiers, l'Europe espère frapper un grand coup pour enrayer la contagion de la crise de la zone euro. Le précédent sommet des dirigeants de l'Union monétaire du 21 juillet, par exemple, a fait long feu. Les décisions de principe prises à cette date ne sont pas encore finalisées et risquent même d'être ajustées en raison de l'aggravation de la situation, notamment en Grèce. La situation est telle que François Fillon, premier ministre français, a estimé, lundi, que l'Europe était au bord de la rupture : "Personne ne doit s'y tromper : nous sommes sur un volcan qui peut dynamiter à tout moment le continent européen, sa prospérité, son contrat démocratique, son unité monétaire, son unité politique", ajoutant que "la crise actuelle peut mettre en péril 60 années de construction européenne".

DRESSER UN PARE-FEU

La détérioration de la situation dans le secteur bancaire, illustrée par la liquidation du groupe franco-belge Dexia a convaincu les dirigeants européens de l'urgence de dresser un pare-feu. En l'occurrence un plan concerté de recapitalisation des établissements les plus exposés. L'Europe voudrait également pouvoir annoncer à son sommet le renforcement de son Fonds de stabilité financière (FESF) décidé le 21 juillet. Pour cela, il faut qu'il soit ratifié par les 17 Etats de la zone euro, mais la situation reste très incertaine en Slovaquie, en raison de divisions au sein de la coalition au pouvoir.







Les partis de la coalition gouvernementale slovaque n'ont pas réussi, lundi, à se mettre d'accord sur le renforcement du FESF. Ils poursuivront leurs discussions mardi matin, avant le vote du Parlement. "Nous ne sommes pas parvenus à un accord avec les partenaires de la coalition", a déclaré le premier ministre, Iveta Radicova, à l'issue de cette réunion. "Je vais prendre une décision responsable, d'ici demain matin, sur la proposition que je ferai à mes partenaires de coalition", a-t-elle ajouté sans plus de précisions.
Une décision responsable qui pourrait être la démission. "Le premier ministre a proposé aux partenaires de la coalition trois possibilités : lier le vote sur le FESF à un vote de confiance, démissionner avant le vote ou démissionner en cas d'échec lors du vote", a précisé une source gouvernementale.
Un vote négatif de la Slovaquie paralyserait les mécanismes de sauvetage financiers. "Notre position concernant le Fonds est connue et nous n'allons pas en changer", avait averti avant le début de ces discussions, Richard Sulik, le chef du mouvement Liberté et Solidarité (SaS), un petit parti de la coalition qui s'oppose au renforcement de cet outil. "Nous avons fait une proposition à nos partenaires de la coalition mais elle a été rejetée. Si la situation ne change pas, SaS va voter contre le Fonds demain", a-t-il ajouté dans des déclarations à la presse. A l'heure actuelle, tous les Etats de la zone euro ont ratifié le renforcement du FESF sauf Malte qui doit donner son feu vert lundi soir.
En outre, alors que l'encre de l'accord sur le FESF renforcé est à peine sèche, il est déjà question d'en démultiplier la puissance de feu en le transformant, par exemple, en banque capable d'emprunter sans limites auprès de la Banque centrale européenne (BCE).


"Réponses durables globales et rapides"







Réunis dimanche à Berlin pour un nouveau sommet de crise, la chancellière allemande Angela Merkel, et Nicolas Sarkozy, ont promis des réponses durables, globales et rapides avant la fin du mois", sans toutefois en définir les contours. Objectif affiché : arriver au sommet du G20 des principaux pays riches et émergents, présidé par la France à Cannes les 3 et 4 novembre, avec une Europe "unie" qui ait résolu ses problèmes.
Le porte-parole de la chancelière allemande a estimé lundi que la zone euro se trouvait "dans une situation très difficile", et que l'initiative franco-allemande devait "éviter ou au moins adoucir une contagion à l'économie réelle." Les réponses attendues portent notamment sur la recapitalisation des banques européennes, dont le principe a été acté après deux mois de tergiversations.
Les deux premières économies de la zone euro ont annoncé qu'elles proposeraient des "modifications importantes" des traités européens, un renforcement ultérieur du FESF et une "solution durable" pour la Grèce. Des annonces auxquelles le président américain, Barack Obama, dit a apporter son soutien, indique l'Elysée.


PÉNURIE DE CRÉDIT


Le ministre italien des affaires étrangères, Franco Frattini, a dénoncé la vacuité, selon lui, de ce mini-sommet entre Nicolas Sarkozy et Angela Merkel. "Franchement, on n'a pas compris quelle était la substance de la rencontre d'hier", a dit M. Frattini en marge d'une réunion avec ses homologues européens à Luxembourg. Il a plaidé pour le retour de "la méthode communautaire", qui "implique que tous les Etats membres" de l'Union européenne soient associés aux discussions, plutôt que ce genre de réunion qui laisse de côté les 25 autres Etats de l'Union.
L'Europe se sait observée par ses partenaires : des Etats-Unis, qui font pression pour qu'elle résolve ses problèmes, aux pays émergents. La Russie s'est dite prête lundi à aider la zone euro si elle définit "une stratégie claire et concrète de sortie de crise".
Alors que la crise de la dette est restée longtemps limitée aux pays périphériques de l'Europe ainsi qu'aux marchés financiers, elle a désormais gagné le secteur bancaire, comme en témoigne la débâcle de la banque Dexia. La prochaine étape, redoutée par les Européens mais aussi les Etats-Unis et les pays émergents, serait une contamination de l'économie réelle, par le biais d'une pénurie de crédit.









Bernard Bigot : “Le non-nucléaire coûterait cher”

Photo © AFP

Bernard Bigot : “Le non-nucléaire coûterait cher”






Après Fukushima, Bernard Bigot, administrateur général du CEA, avertit contre les conséquences d’une sortie précipitée du nucléaire.

Peut-on tirer un bilan de l’accident de Fukushima ?

Le 11 mars 2011, quatorze centrales japonaises se trouvaient, en bord de mer, en face de l’épicentre du tremblement de terre. En dépit d’un événement naturel exceptionnel et d’une succession de répliques – il y en a eu plus d’un million en quinze jours là où on en compte 100 000 dans l’année –, l’intégrité phy­sique des installations nucléaires dont certaines étaient vieilles de qua­rante ans a été préservée. Il n’y a pas eu d’effondrement des structures. Tous les réacteurs se sont arrêtés normalement. En revanche, l’illusion de la sûreté passive doit être levée : l’action de l’homme est toujours essentielle et en l’espèce, la chaîne décisionnelle de sécurité n’a pas fonctionné correctement.

Qu’entendez-vous par là ?

L’ac­cident aurait pu être évité. Avant le tremblement de terre, trois réacteurs fonctionnaient normalement dans la centrale de Fuku­shima. Le séisme a entraîné l’arrêt des réacteurs. À l’intérieur, la quantité de chaleur s’est rapidement réduite jusqu’à représenter l’équivalent de 10 000 fers à repasser, contre environ 2 millions quelques heures avant. Mais le tsunami a privé la centrale d’électricité alors qu’il fallait justement continuer à extraire cette chaleur. Le gestionnaire Tepco aurait dû faire appel à une source d’énergie extérieure. Il avait douze heures pour traiter le problème avant l’enchaînement catastrophique, il est intervenu quatre heures trop tard…

Où en est-on aujourd’hui ?

La reconquête de la maîtrise du site se poursuit mais tous les risques ne sont pas encore écartés. Les installations semblent sous contrôle : la température du combustible usagé est repassée sous les 100 oC. Sur les 180 000 tonnes d’eau contaminées déversées dans les soubassements, 100 000 ont été traitées avec l’aide de la France et notamment d’Areva. Cela a donné lieu à une enquête sur la sûreté de nos installations… Seules la robustesse des installations et la solidité de la chaîne de décision permettent d’éviter que la situation ne devienne incontrôlable. Le premier ministre a donc demandé une évaluation de la sécurité. Le travail a été effectué par EDF, Areva et le CEA sur 80 instal­lations nucléaires en France. Les réponses ont été rendues publiques le 15 septembre. À ce stade, je retiens la confirmation des marges de construction avec quelques améliorations à apporter, en particulier pour la prévention des inondations. Sur la chaîne décisionnelle, la création d’une force d’action nucléaire rapide, dotée no­tamment de générateurs électriques, a été préconisée.


Fukushima est-il le prélude à une sortie du nucléaire en Europe ?

Actuellement, seule l’Allemagne a confirmé son intention, prise en 2002, de sortir du nucléaire. De son côté, l’Italie a renoncé à y revenir. Mais la Pologne, la République tchèque et la Grande-Bretagne ont réaffirmé leur intention de développer cette énergie. En France, le nucléaire est désormais l’objet de questionnements, notamment sur son coût. Ce débat est légitime. La banque d’investissement de l’État allemand KfW a estimé le coût de la sortie du nucléaire pour l’Allemagne à 250 milliards d’euros sur les dix pro­chaines années. L’ordre de gran­deur ne me paraît pas déraisonnable. Pour la France, aucun chiffre n’est aujourd’hui accessible et les travaux engagés par le gouvernement avec l’aide de la Cour des comptes permettront de disposer d’éléments précieux pour nourrir ce débat.


A-t-on les moyens de se priver du nucléaire ?

Si on dispose d’une énergie abondante pas chère et sans risque, pourquoi continuer avec le nucléaire ? Or ce n’est pas le cas… Remplacer l’énergie nucléaire par une autre aura un coût. Est-on prêt à payer son énergie deux fois plus cher, comme c’est le cas actuellement en Allemagne ou en Italie ? C’est tout l’enjeu du débat : il est normal de se poser la question mais il faut d’abord fournir les informations qui conviennent.
C’est le rôle du CEA ? Nous ne sommes pas enfermés dans une vision “tout-nucléaire”. L’enjeu pour nous est de remplacer les énergies fossiles – qui représentent encore 50 % de notre consommation – par les énergies re­nouvelables. Aujourd’hui, le premier objectif est la compétitivité économique : elle passe par la recherche sur les rendements des installations dans le domaine du solaire, de l’éolien offshore et dans la conversion de la biomasse. Le véri­table sujet est la maintenance et la du­rée des équipements pour avoir un coût compétitif. Le CEA a engagé des efforts pour répondre aux attentes du gouvernement en ce sens.


Propos recueillis par Frédéric Paya

La stratégie d'endoctrinement selon Chomsky

Le linguiste nord-américain Noam Chomsky (*) a élaboré une liste des « Dix Stratégies de Manipulation » à travers les médias. Nous la reproduisons ici. Elle détaille l'éventail, depuis la stratégie de la distraction, en passant par la stratégie de la dégradation jusqu'à maintenir le public dans l'ignorance et la médiocrité.

1/ La stratégie de la distraction

Élément primordial du contrôle social, la stratégie de la diversion consiste à détourner l’attention du public des problèmes importants et des mutations décidées par les élites politiques et économiques, grâce à un déluge continuel de distractions et d’informations insignifiantes. La stratégie de la diversion est également indispensable pour empêcher le public de s’intéresser aux connaissances essentielles, dans les domaines de la science, de l’économie, de la psychologie, de la neurobiologie, et de la cybernétique. « Garder l’attention du public distraite, loin des véritables problèmes sociaux, captivée par des sujets sans importance réelle. Garder le public occupé, occupé, occupé, sans aucun temps pour penser; de retour à la ferme avec les autres animaux. » Extrait de « Armes silencieuses pour guerres tranquilles »

2/ Créer des problèmes, puis offrir des solutions

Cette méthode est aussi appelée « problème-réaction-solution ». On crée d’abord un problème, une « situation » prévue pour susciter une certaine réaction du public, afin que celui-ci soit lui-même demandeur des mesures qu’on souhaite lui faire accepter. Par exemple: laisser se développer la violence urbaine, ou organiser des attentats sanglants, afin que le public soit demandeur de lois sécuritaires au détriment de la liberté. Ou encore : créer une crise économique pour faire accepter comme un mal nécessaire le recul des droits sociaux et le démantèlement des services publics.

3/ La stratégie de la dégradation

Pour faire accepter une mesure inacceptable, il suffit de l’appliquer progressivement, en « dégradé », sur une durée de 10 ans. C’est de cette façon que des conditions socio-économiques radicalement nouvelles (néolibéralisme) ont été imposées durant les années 1980 à 1990. Chômage massif, précarité, flexibilité, délocalisations, salaires n’assurant plus un revenu décent, autant de changements qui auraient provoqué une révolution s’ils avaient été appliqués brutalement.

4/ La stratégie du différé

Une autre façon de faire accepter une décision impopulaire est de la présenter comme « douloureuse mais nécessaire », en obtenant l’accord du public dans le présent pour une application dans le futur. Il est toujours plus facile d’accepter un sacrifice futur qu’un sacrifice immédiat. D’abord parce que l’effort n’est pas à fournir tout de suite. Ensuite parce que le public a toujours tendance à espérer naïvement que « tout ira mieux demain » et que le sacrifice demandé pourra être évité. Enfin, cela laisse du temps au public pour s’habituer à l’idée du changement et l’accepter avec résignation lorsque le moment sera venu.

5/ S’adresser au public comme à des enfants en bas-âge

La plupart des publicités destinées au grand-public utilisent un discours, des arguments, des personnages, et un ton particulièrement infantilisants, souvent proche du débilitant, comme si le spectateur était un enfant en bas-âge ou un handicapé mental. Plus on cherchera à tromper le spectateur, plus on adoptera un ton infantilisant. Pourquoi ? «Si on s’adresse à une personne comme si elle était âgée de 12 ans, alors, en raison de la suggestibilité, elle aura, avec une certaine probabilité, une réponse ou une réaction aussi dénuée de sens critique que celle d’une personne de 12 ans». Extrait de «Armes silencieuses pour guerres tranquilles»

6/ Faire appel à l’émotionnel plutôt qu’à la réflexion


Faire appel à l’émotionnel est une technique classique pour court-circuiter l’analyse rationnelle, et donc le sens critique des individus. De plus, l’utilisation du registre émotionnel permet d’ouvrir la porte d’accès à l’inconscient pour y implanter des idées, des désirs, des peurs, des pulsions, ou des comportements…

7/ Maintenir le public dans l’ignorance et la bêtise

Faire en sorte que le public soit incapable de comprendre les technologies et les méthodes utilisées pour son contrôle et son esclavage. « La qualité de l’éducation donnée aux classes inférieures doit être la plus pauvre, de telle sorte que le fossé de l’ignorance qui isole les classes inférieures des classes supérieures soit et demeure incompréhensible par les classes inférieures. Extrait de « Armes silencieuses pour guerres tranquilles »

8/ Encourager le public à se complaire dans la médiocrité

Encourager le public à trouver « cool » le fait d’être bête, vulgaire, et inculte…

9/ Remplacer la révolte par la culpabilité


Faire croire à l’individu qu’il est seul responsable de son malheur, à cause de l’insuffisance de son intelligence, de ses capacités, ou de ses efforts. Ainsi, au lieu de se révolter contre le système économique, l’individu s’auto-dévalue et culpabilise, ce qui engendre un état dépressif dont l’un des effets est l’inhibition de l’action. Et sans action, pas de révolution!…

10/ Connaître les individus mieux qu’ils ne se connaissent eux-mêmes

Au cours des 50 dernières années, les progrès fulgurants de la science ont creusé un fossé croissant entre les connaissances du public et celles détenues et utilisées par les élites dirigeantes. Grâce à la biologie, la neurobiologie, et la psychologie appliquée, le « système » est parvenu à une connaissance avancée de l’être humain, à la fois physiquement et psychologiquement. Le système en est arrivé à mieux connaître l’individu moyen que celui-ci ne se connaît lui-même. Cela signifie que dans la majorité des cas, le système détient un plus grand contrôle et un plus grand pouvoir sur les individus que les individus eux-mêmes.

(*) linguiste et philosophe américain. Professeur émérite de linguistique au Massachusetts Institute of Technololy. Niels Kaj Jerne, lauréat du prix Nobel de médecine en 1984, a utilisé le modèle génératif de Chomsky pour expliquer le système immunitaire humain, faisant le lien entre structures grammaticales et protéiques.

dimanche 9 octobre 2011

Primaires PS : le jour J.




Aujourd'hui 9 octobre, c'est le grand jour ! Le jour du 1er tour des primaires du PS ouvertes à tous les électeurs se déclarant fidèles aux valeurs de gauche.

Passons sur la polémique concernant le mode de scrutin et n'abordons que l'étude des nuances entre les programmes économiques proposés par chacun des 6 candidats :

extraits issus de : http://www.latribune.fr/actualites/economie/france/20110914trib000649422/primaires-socialistes-les-programmes-passes-au-crible.html


Les leaders suivent une ligne social-démocrate, avec des nuances. Valls est plus libéral, Montebourg protectionniste.
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Côté programme économique, les leaders suivent une ligne social-démocrate, avec des nuances. Valls est plus libéral, Montebourg protectionniste.

1 - Fiscalité

Martine Aubry mène une véritable croisade contre les niches fiscales et notamment la « niche Copé » (exonération d'impôt sur les sociétés pour les entreprises mères qui revendent leurs filiales) qui a « coûté » 22 milliards d'euros en trois ans. La maire de Lille veut également supprimer la défiscalisation des heures supplémentaires, ce qui rapporterait 4,5 milliards d'euros.
François Hollande prône une grande réforme fiscale mise en oeuvre durant toute la durée du quinquennat prévoyant, outre une fusion CSG/IRPP (inscrite dans le projet socialiste), l'instauration d'une nouvelle tranche à 60% de l'IR.

2 - Finances publiques

Manuel Valls se pose en père la rigueur et veut affecter la totalité des revenus fiscaux (et non la moitié) au désendettement. Le député de l'Essonne se prononce pour « la règle d'or » budgétaire. Il est aussi le seul à dire que les impôts devront augmenter. Il souhaite l'instauration d'une « TVA sociale ».
Arnaud Montebourg est véritablement le seul à contester le dogme « maastrichien » de la limitation des déficits publics à 3% du PIB. Il prône aussi l'instauration immédiate d'une taxation sur les transactions financières de 0,1%, limitée, s'il le faut, à la France.

3 - Emploi

François Hollande a avancé son idée de « contrat de génération » exonérant de cotisations patronales (durant 5 ans) l'entreprise qui embauche un jeune de moins de 30 ans si celle?ci est assortie d'un tutorat assuré par un salarié de plus de 55 ans maintenu dans son emploi. Coût estimé : 10 milliards d'euros. Il plaide désormais également pour la création de 60.000 à 70.000 postes dans l'Education nationale.

4 - Social

Manuel Valls se distingue encore en jugeant impossible un retour de l'âge légal de la retraite à 60 ans. Il se prononce également pour une augmentation, au-delà des 35 heures actuelles, de la durée légale du travail.

5 - Politique économique

Ségolène Royal veut bloquer les prix de 50 produits de première nécessité ainsi que ceux de l'énergie. Elle prône aussi l'instauration d'une « banque publique d'investissement » à dimension régionale chargée notamment du financement des PME innovantes.
Jean-Michel Baylet souhaite qu'une loi vienne réserver 30% des commandes de l'Etat et des collectivités locales aux PME.
Arnaud Montebourg, milite pour une « loi de sécurisation » de l'économie, traduction de son concept de «démondialisation». Il propose ainsi de séparer les activités de banque de dépôts et de banque d'investissement. Il s'agirait aussi de mettre «sous tutelle» les établissements bancaires exerçant sur le sol national», sans indemnité, et de faire entrer dans le conseil d'administration des représentants du gouvernement, des salariés et des usagers du crédit. Il demande aussi la fermeture des filiales des établissements financiers situés dans les paradis fiscaux avec rapatriement des avoirs appartenant aux ressortissants français. Le candidat veut également démanteler les agences de notation privées.