vendredi 7 octobre 2011

Le Bankoustan est sur le point d'exploser

Le Dr Shapiro, conseiller du FMI, annonce une débâcle bancaire dans deux ou trois semaines
Au cours d’un « talk show » sur la BBC, le Dr Robert Shapiro, conseiller au FMI, fait des déclarations très alarmistes au sujet de la crise, du système bancaire et des expositions de ce dernier.
A la question du journaliste lui demandant ce qu’il pourrait se passer si les politiques européens tardaient trop à prendre des mesures au sujet de la crise, le Dr robert Shapiro a répondu ce qui suit :
« S’ils ne peuvent pas répondre de manière crédible (face de la crise), je pense que dans deux ou trois semaines nous assisterons à la débâcle des dettes souveraines qui entraînera une débâcle du système bancaire européen. Je ne parle pas simplement d’une banque belge relativement petite, mais je parle des plus grandes banques du monde, des plus grandes banques en Allemagne, des plus grandes banques en France, qui impacteront les banques au Royaume-Uni. Cela s’étendra partout car le système financier est très interconnecté. Toutes ces banques sont des contreparties pour toutes les banques importantes des USA, du Royaume-Uni et du monde entier. Ce pourrait être une crise, de mon point de vue, plus importante que la crise de 2008…
Ce que nous ne savons pas, c’est l’importance des « credit default swaps » détenus par les banques en couverture de dettes souveraines et contre les banques européennes, nous ne connaissons pas plus le nombre de CDS détenus par les banques britanniques, comme nous ne savons avec précision quelle est l’exposition des banques anglaises aux risques de la dette souveraine irlandaise. » 

jeudi 6 octobre 2011

Historique de la dette publique française

Les médias nous ressassent le niveau faramineux de la dette publique de la France. Mais qui peut vraiment appréhender ces chiffres astronomiques ? Que veulent dire mille milliards ou dix mille milliards ? Au delà d'un certain niveau ces sommes deviennent abstraites pour le commun des mortels, le jugement s'égare... un moyen simple de comprendre est certainement de ramener le niveau de la dette à la richesse produite (PIB).

Cette approche finalement permet de comprendre que, comme dans une famille, ce n'est pas tant le montant de la dette (les crédits souscrits) qui importent, que la part que représente cette dette dans les richesses produites (le salaire).

Observons ainsi l'évolution de la dette en pourcentage de la richesse produite (cliquez pour agrandir).



On constate alors aisément les imprudences de Pierre Bérégovoy, d'Edouard Balladur, de Jean-Pierre Raffarin et de François Fillon, et à contrario la relative modération de Lionel Jospin, de Dominique de Villepin et d'Alain Juppé (chez qui on observe un ralentissement brutal du niveau d'endettement en % du PIB, Jospin ensuite lui emboîte le pas).
Les moralisateurs ne sont pas toujours les faiseurs.

mercredi 5 octobre 2011

La sortie de l'euro est possible, selon Christian Saint Etienne

Entretien avec l'économiste Christan Saint Etienne (février 2011), qui analyse les difficultés de la zone euro...




Qu'est-ce qu'une zone monétaire optimale ?
une zone monétaire optimale est une région géographique dans laquelle il serait bénéfique d'établir une monnaie unique.

La théorie de la zone monétaire optimale a été développée dans les années 1960, principalement par Robert Mundell.(lire la description de cette théorie dans Wikipédia, ici )

Christian Saint Etienne, et plusieurs autres économistes (Alain Cotta, Emanuel Todd, ...) pensent que la zone euro n'est pas une zone monétaire optimale.
En effet : les mouvements de travailleurs y sont assez faibles, et l'intégration politique peu poussée. Il n'existe pas véritablement de budget fédéral permettant des transferts de revenus aptes à lisser les chocs asymétriques. C'est ce qui expliquerait l'inefficacité chronique de la zone euro (puisque chaque Nation ne peut ajuster sa propre politique monétaire aux cycles de son économie), car, pour simplifier, il y a une distorsion néfaste entre les économies du Nord et du Sud de l'Europe.

En conséquence pour la zone euro : les trois scénarios envisageables.

1/ Scénario fédéraliste
Les fédéralistes (dont Christan Saint Etienne) considèrent qu'il faudrait que l'Union européenne se dote d'un gouvernement économique. Cela permettrait de tendre vers une zone monétaire optimale.
Inconvénients :
- On ne peut pas savoir si cette mesure serait suffisante pour redonner de la vigueur à l'économie européenne, car même avec cette mesure la zone euro ne sera peut être pas encore une zone monétaire optimale.
- Cela enlèverait encore plus de souveraineté aux Nations, et entraînerait une méfiance toujours plus grande des peuples européens vis-à-vis d'une Union Européenne leur laissant de moins en moins de pouvoir.

2/ Selon les "souverainistes" (dont Maurice Allais le prix Nobel d'économie, Alain Cota, ...)
Ils pensent que les Nations (nottament la France) auraient intérêt à quitter la zone euro.La gravité de cet événement peut être évité s'il est anticipé.
Inconvénients :
- renoncement à l'euro qui était un symbôle fort de la construction européenne.
- le retour aux monnaies nationales ne suffira pas à faire des miracles économiques et pourrait même aggraver les difficultés pour les Nations qui ne se résoudraient pas à mettre en oeuvre une politique économique vertueuse.

3/ Scénario de la continuité.
Selon Christan Saint Etienne, C'est le scénario le plus probable: L'Union Européenne devrait survivre encore quelques années sans grandes réformes et en fermant les yeux sur ses incohérences actuelles.
Conséquence : aggravation des problèmes économiques de l'Europe, jusqu'à un éclatement non maitrisé.

mardi 4 octobre 2011

Les chaînes de Ponzi

Une chaîne de Ponzi (aussi appelée "cavalerie"), est un montage financier frauduleux qui consiste à gonfler artificiellement la rémunération des clients au moyen des fonds apportés par d’autres clients.

Cas concret :
Imaginez que quelqu’un propose une rémunération nettement supérieure au marché. Par exemple 10% d’intérêts annuels garantis.

La première année, un premier client investi 100 €. A la fin de l’année, il touche ses dividendes : 10€. La promesse de rendement élevé semble tenue. Le client est donc satisfait et maintient sa confiance dans ce placement et lui fait une publicité favorable. Alors que le client pense conserver un capital de 100€, le fond ne détient en ralité plus que 100-10=90€.

L’année suivante, des clients amis du premier client suivent ses recommandations ; 2 nouveaux clients apportent 100€. Le fond détient alors 290€. La rémunération est de 10€ pour chacun des 3 premiers clients. Il reste alors 260€, mais l’illusion de performance est maintenue.

An 3 : le fond continue à recruter des clients : imaginons 5 nouveaux clients. En fin d’année chacun touche 10€ et il reste 260+500-10*8 = 680€ soit 680/8 = 85€ par client…

Le point faible de ce système :
En principe le système est fiable tant que la rémunération du fond est supérieure au marché car une bonne rémunération doit suffire à faire affluer les nouveaux clients avides d’une forte rentabilité. Toutefois, le système s’écroule dès que les sommes procurées par les nouveaux entrants ne suffisent plus pour rémunérer les clients restant.

Reprenons l’exemple évoqué ci-dessus.
An 4 : pas de nouveaux clients, départ de 7 clients (sur 8). Le fond doit rémunérer les 8 clients 10 € et rembourser les 7 clients partant : 7*100€, soit une sortie de 780€ supérieure aux 680€ restant disponibles. Les clients ne peuvent donc être remboursés. La supercherie est démasquée !

Comment se rémunère le gérant du fond ?
Il ne se contente pas de mettre de côté les sommes apportées par les clients : il les place à taux garanti.
Dans l’exemple ci-dessus le gérant a gagné (hypothèse de placement à 2%) :
An 1 : 2€
An 2 : 5,8€
An 3 : 15,2
€An 4 : 13,6€

Escroc célèbres :

Charles Ponzi , USA, 1921 :
L’inventeur de ce système, Charles Ponzi, est devenu millionnaire en 6 mois après l’avoir mis en place. Avec un rendement de 40 % en 90 jours.
Environ 40 000 personnes investirent 15 millions de dollars, dont seulement un tiers leur fut redistribué.

Bernard Madoff, USA, 2008 :
Cet homme d’affaires jouissait d’une excellente réputation tant comme spéculateur de talent que comme homme au dessus de tout soupçon (participation remarquée à des dîners de charité). Il promettait des rendements assez élevés (8 à 12%) et pu maintenir son système pendant 48 ans de 1960 à 2008, la crise des subprimes. Son escroquerie aurait coûté 65 milliards d’€ à ses clients.






Manipulations : le cas Dexia

Dexia avait annoncé en 2010, avec tambours et trompettes, avoir largement réussi les tests de résistance des banques européennes à des scénarios de dégradations économiques pires que prévu et à une nouvelle crise sur les dettes souveraines. Recapitalisée à hauteur de 6,4 milliards d'euros durant la crise financière par la France, la Belgique et le Luxembourg, Dexia a affiché un ratio Tier One de 10,9% dans un scénario "stressé".

Ce chiffre de 10,9% était à l'époque le plus élevé des quatre autres banques françaises testées (BNP Paribas, Société générale, Crédit agricole et le mutualiste BPCE )!!!

Dans un communiqué la banque avait indiqué que "en conclusion du stress test, il apparaît que Dexia n'aurait pas besoin de fonds propres supplémentaires pour résister au scénario 'dégradé' à deux ans du CEBS, y compris en cas de nouveau choc lié aux dettes souveraines"

Une année plus tard, ce matin du 4 octobre,  l'action Dexia perdait plus d'un tiers de sa valeur en l'espace de vingt minutes... en proie à un grave problème de liquidité provenant de son portefeuille d'actifs obligataires,  soit pas loin de 100 milliards d'euros. Il semble que Dexia va devoir loger ses actifs pourris dans une bad bank (structure de défaisance qui bénéficierait de la garantie de la France et de la Belgique).

Qu'une banque comme Dexia ayant dépassé la ligne jaune soit démantelée (l'expression politiquement correcte pour dire "fait faillite") ne surprendra personne, par contre ce qui ne cesse de surprendre c'est bien les résultats des stress-tests donnant à l'époque la banque comme solide, résultats présentés hauts et forts par les journalistes de la presse économiques et par les politiques belges et français (notamment ministres).

Mais Dexia c'est aussi une banque de détail avec des millions de clients, et 35000 salariés...

lundi 3 octobre 2011

Manipulations : Magasine Investir

Voici la couverture du magasine Investir du 2 au 8 juillet 2011.

On remarque le "profitez-en !" ... comme sur les publicités de boîte aux lettres pour grandes surfaces alimentaires.

Bilan des performances du CAC 40 :

Juillet 2011 : -7,8%
Août 2011 : -11,2%
Septembre 2011 : -8%

Soit pour le troisième trimestre 2011 :  -25,1% (-1.000,25 points).



dimanche 2 octobre 2011

« Il faut nationaliser les banques pour 3 ou 4 ans et leur interdire les activités de marché »

Marc Fiorentino*, L'Est Républicain, le 6 septembre 2011.

Quelle est la responsabilité des banques dans la crise ? Faut-il les sanctionner ?

La responsabilité revient à la fois aux hommes politiques et aux banques. Aux politiques parce qu’ils n’ont pas su ou pas voulu contrôler les banques. Aux banques parce qu’elles ne se sont pas imposées elles-mêmes des limites. La crise de 2008 constituait l’opportunité de changer de mentalité. On ne l’a pas saisie. C’est comme si, après un infarctus, le malade avait continué à manger encore plus gras et à faire encore moins d’efforts ! On a donné de l’argent aux banques sans contrepartie, sans fixer de limites à la spéculation. Par exemple, on a donné aux banques un chèque en blanc pour acheter de la dette souveraine sans provisionner les pertes possibles.

Quelle est la solution ?

Il faut nationaliser les banques pour 3 ou 4 ans. Il n’y a pas d’autre solution. Et il faut leur interdire les activités de marché. Il n’y a pas de raison pour que les banques spéculent. Elles sont là pour encaisser les dépôts et distribuer du crédit. La spéculation doit être réservée aux fonds spéculatifs…

Les banques sont-elles prêtes à accepter cela ?

Les banques ne sont prêtes à rien. Pour nous, les contribuables, le jeu, c’est pile on perd et face elles gagnent ! La collusion entre le monde financier et le monde politique est tel qu’on ne sait plus qui prend les décisions. Le sauvetage de la Grèce se discute-t-il à Bercy ou dans le bureau du patron de la BNP ? Il faut un signe fort pour que la confiance revienne. Les banques vont devoir se recapitaliser, comme le dit Christine Lagarde. Les banques centrales mettent de l’argent dans les banques mais cet argent est détourné vers les marchés financiers. Pendant ce temps, on est déjà dans une économie de guerre, de guerre financière. C’est pourquoi l’or flambe.

Pourquoi la Société Générale apparaît-elle comme la plus exposée, en France ?

Parce qu’elle est fragilisée par des affaires à répétition et qu’elle est la plus impliquée sur les marchés financiers.

Votre pronostic pour les mois qui viennent ?

Très sombre si le pouvoir politique ne prend pas des décisions fortes. Pas des décisions comme relever la TVA sur les parcs à thèmes. De vraies décisions. Le pouvoir ne doit pas capituler face aux banques.

* Diplômé d’HEC en 1982, Marc Fiorentino a œuvré pour des banques d'affaires américaines en Europe durant seize ans (dont Bank Of America et Salomon Smith Barney), puis en 1999, cet ancien professeur à l'Essec créa sa propre société de Bourse, Euroland Finance, et en 2007, un site de conseil en investissement financier, Allofinance.com. Éditorialiste dans La Tribune et sur BFM, il intervient régulièrement dans les médias pour des analyses concernant la crise financière et ses aspects moraux, et des prévisions sur les marchés. Source : Wikipédia