"PREPARER L'ECLATEMENT DE L'EURO" - CONFERENCE DU GROUPE EFD AU PARLEMENT EUROPEEN - INTERVENTIONS/QUESTIONS DES PARTICIPANTS
Question de Nigel FARAGE, député européen UKIP, co-président du Groupe EFD
Ce Fonds de sauvetage va devoir être multiplié par 5 ! Est-ce un système pyramidal ? Une vaste escroquerie ? On se demande ce qui se passe avec la démocratie allemande. A quand un réveil démocratique en Allemagne ?
Réponse du professeur HANKEL
Eugen Böhm-Bawerk professeur d’économie, ministre des finances de l’empire austro hongrois publia avant le 1ère guerre mondiale un essai « la puissance ou la loi économique ? » , où il citait plusieurs exemples de tendances économiques accroissant la dette ; La monnaie c’est notre deuxième bulletin de vote ; En gérant nos capitaux, nous votons en quelque sorte et s’il y a une rupture entre la politique et l’économie, le système monétaire ne peut l’emporter sur la politique. Les flux de capitaux c’est la propriété sous forme de titres. Dans les années 30, le régime hitlérien a interrompu les transferts vers l’étranger ; beaucoup d’Allemands n’ont pu fuir car ils ne pouvaient emporter leurs capitaux avec eux, d’où l’ampleur de l’holocauste. Dans une démocratie, cela n’est pas possible. Les capitaux fuient donc vers les parties plus stables de la zone euro ; Avec les plans d’aide, les capitaux venant de Grèce sont remaniés en renvoyés en Grèce ce qui est absurde car cela accroît la dette sans remédier aux causes qui provoquent cette dette. Plus de 300 milliards sont en jeu dans les comptes de la Bundesbank ; est-ce que la politique européenne peut aller à long terme à l’encontre de l’économie ? « Il n’est possible que la politique aille à l’encontre de l’économie que pendant une période limitée » disait Böhn-Bawerk.
Question de Mme Marta ANDREASEN, députée (britannique), UKIP-EFD
L’euro a été construit sur un mensonge. Il s’agissait de promouvoir une union politique. Les traités de Maastricht et le traité de Lisbonne n’ont fait qu’approfondir ce mensonge. La vérité pourra-t-elle l’emporter un jour dans l’Union européenne ? - Depuis 20 ans, la Grèce a reçu 60 milliards d’euros par l’Union européenne. Peut-on faire confiance aux Etats ; je crains que la Grèce n’a pas investi - Je suis moi-même née en Argentine et on ne peut pas parler de succès : ils ont pratiqué la dévaluation, connu le défaut de paiement et les réforme mais il y a eu tout de même une destruction de la classe moyenne ; est-ce vraiment une solution ?
Réponse du Professeur HANKEL
Les politiciens vont peut-être apprendre. Nous devons les y aider. Cette politique engendre de nombreuses difficultés pour leurs propres objectifs. Les flux de capitaux quittant les pays du sud vont devenir plus terribles que la dette publique ou privée. Si de plus en plus de citoyens fuient avec leur épargne de Grèce, Espagne, Portugal, il n’y aura plus seulement le problème de la dette mais celui de l’injection de liquidités dans les banques. Le problème des banques se transférera aux Etats, avec des problèmes politiques et des changements de gouvernement. La meilleure façon d’arrêter cette politique absurde, c’est de sortir de l’Union pour retrouver la liberté de manœuvre. A terme, la zone euro peut continuer à vivre avec moins de pays membres de la zone euro. Réformer l’Union c’est peut être la prochaine étape. Une union monétaire restreinte mais plus stable sera plus séduisante pour les pays étrangers : Suisse, Norvège, Russie etc. Que faire du sud ? c’est une autre question ; Ils peuvent revenir à la monnaie nationale et lancer des programmes de relance nationale. Le Printemps arabe en Afrique du nord, les manifestations en Espagne ou en Allemagne sont des sursauts démocratiques obéissant à des logiques similaires.
Voir aussi :
http://anecdotes-de-crise.blogspot.com/2011/11/faillite-de-la-zone-euro-oui-il-y-un.html
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