vendredi 11 novembre 2011

crise de la dette : les gouvernements tombent un à un

Papandréou, Berlusconi, Socrates,Cowen…

La crise de la dette décapite un à un les gouvernements de la zone euro, signe de son ampleur et du désarroi des politiques incapables de sortir du piège dans lequel ils se sont engouffrés depuis des décénies.

Depuis l’an dernier, sur les dix-sept pays qui utilisent la monnaie unique, plus du tiers a vu son dirigeant être poussé vers la sortie.

Entre la pression des marchés, celle des autres pays et l’impopularité de leurs mesures de rigueur, les chefs de gouvernement, de droite comme de gauche, sont balayés les uns après les autres.


IRLANDE






Le Premier ministre irlandais Brian Cowen fut la première victime de la crise, avec l’échec aux législatives anticipées de son parti en février dernier,
qui dominait la vie politique depuis 80 ans.

Le plan d’aide qu’il avait conclu en 2010 avec l’UE et le FMI avait été vécu comme une humiliation pour le pays.


PORTUGAL







Le Premier ministre socialiste José Socrates a démissionné en mars 2011 après le rejet par le Parlement d’un quatrième plan d’austérité.La droite a gagné les législatives en juin,et PedroPassos Coelho, libéral centriste, est devenuPremier ministre du Portugal




SLOVAQUIE

La Slovaquie est un pays pauvre (PIB par habitant proche de celui de la Grèce) qui a fait de gros efforts pour assainir ses finances publiques.


Aussi, il était compréhensible que le parlement slovaque refuse de valider l'élargissement du FESF (passant de 250 à 440 miliards d'euro) car la contribution demandée à a Slovaquie était à hauteur de 10% de son PIB.



L'Union Européenne n'a pas accepté le vote négatif du 11 octobre 2011 qui empêchait la mise en place du plan de sauvetage de la Grèce, et a imposé un second vote (positif cette fois) avec pour conséquence la démission du gouvernement slovaque.

De nouvelles élections législatives auront lieu en mars 2012, après la chute du gouvernement le mois dernier.




GRECE
En Grèce, le Premier ministre, Georges Papandréou, a annoncé officiellementsa démission hier. Il a adressé tous ses «voeux de réussite» à son successeur,dont le nom devrait bientôt être annoncé.Papandréou a été contraint à la démission après avoir créé la panique la semaine dernière sur les marchés en annonçant la tenue d’un référendum sur le plan d’aide à la Grèce.
Ce vote visait à légitimer l’action d’un gouvernement très impopulaire : il a été abandonné.


Fin 2010 : la dette de 350 milliards représente 144% du PIB.

Le plan de sauvetage consiste à réduire la dette de 100 milliards d'euro par abandon de 50% des créances dues aux banques.



ITALIE









En Italie, ni les frasques ni les affaires de moeurs n’avaient eu raison de Silvio
Berlusconi. Mais il aura sombré à cause de la crise et des graves risques de faillite qu’elle fait courir aux Etats. Surveillé par le FMI et la BCE, son pays, accablé par une dette de 1 900 milliards d’euros, n’arrivait plus à convaincre de sa capacité à mettre en oeuvre les réformes nécessaires. Le président du Conseil, qui a perdu la majorité au Parlement avant hier lors d’un vote test, a confirmé hier qu’il quitterait son poste lorsque le Parlement aura adopté – a priori ce weekend – des mesures budgétaires promises à l’Union européenne.

Quelle est la situation dans les autres pays de la zone euro ?




ESPAGNE




Le premier ministre espagnol, José Luis Zapatero est devenu très impopulaire après avoir pris de nombreuses mesures de rigueur. Le socialiste a été contraint d’avancer la date des législatives au 20 novembre. Il ne se représentera pas et la droite est donnée gagnante.




SLOVENIE




Des législatives anticipées auront également lieu le 4 décembre en Slovénie
pour remplacer le gouvernement de Borut Pahor.





FRANCE




Le gouvernement est très critiqué. Les mesures d'austérité sont insuffisantes pour enrayer le cercle vicieux de la dette et sont de plus très impopulaires... à 6 mois des prochaines élections présidentielles.




Les sondages donnent une nette avance au candidait du principal parti d'opposition et font apparaître un retour en force de l'extrême droite.




En 2011, la dette s'élève à 86,2% du PIB. Le service de la dette devient en 2011, pour la première fois de l’histoire économique de la France, le premier poste du budget (il passe désormais devant celui de l’Éducation Nationale et la Défense) : 46,9 milliards, contre 44,5 pour l’Éducation ( 30,1 pour la Défense). Il représente maintenant un montant supérieur à celui de l’impôt sur le revenu.




ALLEMAGNE




Malgré sa bonne santé économique, la chancelière Angela Merkel, qui a l’obligation de présenter les décisions sur la crise de la dette devant le Parlement, reste à la merci d’un vote négatif, à l’heure où les démocrates-chrétiens de son parti accumulent les revers électoraux, les Allemands acceptant de moins en moins l'idée de devoir payer pour les autres.





BELGIQUE




La Belgique connaît une grave crise politique depuis les élections fédérales du 10 juin 2007, les partis libéraux et sociaux démocrates ne parvenant pas à former de gouvernement fédéral, sur fond de tensions communautaires (les flamands souhaitent la sécession). Depuis, les gouvernements transitoires se succèdent et aucun n’arrive à stabiliser la crise politique.
Les wallons semblent de plus en plus nombreux à envisager un rattachement la France (Un sondage réalisé début juillet 2008 a révélé que 49 % des Wallons interrogés favorisent, un rattachement à la France en cas de scission de la Belgique, alors qu’ils n’étaient que 29 % en janvier de la même année)





La Begique a fait d'importants efforts budgétaires pour réduire sa dette qui était de 130% du PB au début des années 1990 et pour la ramener en mars 2009 à 320 milliards d'euros (91% du PIB).




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Tous ces changements sont loin d’être un gage de stabilité. «Ils affectent


la crédibilité globale de la zone euro auprès des autres pays, estime


ainsi Marc Touati, économiste chez Assya Compagnie Financière. Sans
compter qu’on change de dirigeants sans savoir ce que l’on va avoir à la
place.»




A Athènes, le favori Lucas Papademos était ainsi gouverneur de la


Banque de Grèce (1994-2002), lorsque les irrégularités dans les comptes se
sont aggravées.
A terme, les économies plus fortes risquent également d’être touchées,
y compris l’Allemagne, s'il faut continuer à couvrir les dettes des pays sur-endettés.

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