lundi 24 octobre 2011

Théorie : le capitalisme du bien-être

Henry Ford est l’un des pionniers du welfare capitalism (le « capitalisme du bien-être »), une pratique industrielle paternaliste destinée à améliorer le niveau de vie des travailleurs.


Henry Ford


Le 5 janvier 1914, Ford annonce l’augmentation des salaires journaliers minimum de 2,34 $ à 5 $ pour les ouvriers en apprentissage (« The Five Dollar Day ») ainsi qu’une nouvelle réduction du temps de travail journalier de 9 h à 8 h. Qualifié de « grand humaniste » ou de « socialiste fou », Ford a mis en place cette initiative pour établir une solide classe moyenne capable d’acheter ses produits. De plus, comme il l’explique lui-même dans ses mémoires, c’est l’« un des meilleurs moyens de réduction des coûts jamais mis en place » (meilleure productivité des ouvriers). La mise en place de cette méthode au début des années 1910 révolutionne l’industrie américaine en favorisant une consommation de masse et lui permet de produire à plus de 15 millions d’exemplaire la Ford T.

Lorsque Ford, en 1914, instaure les 40 heures de travail par semaine (instaurés en France en 1936) et un salaire minimum (instauré en France en 1950 !), il est vivement critiqué par d'autres industriels et Wall Street. Il démontre, toutefois, que le fait de davantage payer les travailleurs, permet à ces derniers d'acheter les voitures qu'ils produisent et être ainsi moteur pour l'économie. La philosophie du travail de Ford permet d'augmenter rapidement la productivité.

En 2011 les choses n'ont guère changées : le moteur de la croissance dans nos économies occidentales est toujours la consommation interne. Pour maintenir cette consommation à un niveau suffisant, nous verrons, dans un autre billet, comment, quand, et pourquoi nous avons préféré développer l'accès au crédit plutôt que d'augmenter des salaires.



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