vendredi 28 octobre 2011

FESF : battage médiatique et politique sur du vent

Avez-vous entendu LA bonne nouvelle? L'Armageddon financier a été évité. L'effondrement économique en Europe a été annulé dans la nuit de mercredi à jeudi. Tout va bien se passer. La nouvelle de «l'affaire de la dette» en Europe a déclenché une exubérance irrationnelle à travers le monde financier. Les journaux du monde entier déclarent que la crise financière en Europe est terminée. Les marchés boursiers du monde entier sont en plein essor. Le Dow Jones a progressé de 3%, le CAC40 de 6%...  Oui, les dirigeants européens ont été en mesure de maîtriser le problème... Cependant, comme vous le verrez ci-dessous, tout ceci est totalement faux.
 




Les deux parties les plus importantes de ce plan de sauvetage sont 1/ le renforcement du Fonds européen de stabilité financière (FESF) et 2/ l'annulation de 50% de la dette grecque détenue par des investisseurs privés


1/ Vous ne pouvez pas résoudre le problème de la dette avec encore plus de dettes. Mais c'est ce qui a été fait dans la nuit de mercredi à jeudi. Nos politiciens Européens ne voulaient pas lever plus d'argent pour le FESF (essentiellement parce que les électeurs en Allemagne - et ailleurs - sont massivement contre et qu'ils considèrent le fond comme un trou noir financier). Alors, que faites-vous quand il faut plus d'argent mais que personne ne veut y contribuer ? Et bien vous l'empruntez. Nous avons ici l'essentiel de cet accord : il s'agit ni plus ni moins que d'un appel à de la dette supplémentaire pour renforcer le fond.


Quelques leaders en Europe (mais pas en France) reconnaissent que ce plan est risqué. Par exemple, un article paru dans The Telegraph  note les réserves du président de la Bundesbank. Jens Weidmann, Président de la Bundesbank et membre de la Banque centrale européenne, a sonné l'alarme sur le risque qu'il y a de «démultiplier» les capacités du FESF par un facteur de quatre à cinq fois sans remettre de l'argent neuf dans le pot.

Alors, qui va financer l'ensemble de cette nouvelle dette?

Eh bien, il s'avère que les Européens comptent sur les mêmes sauveurs que le gouvernement américain : les Chinois. Le président français Nicolas Sarkozy est déjà en contact direct avec président chinois Hu Jintao pour le financement de ce plan.

Le plus triste dans cet histoire est que le FESF renforcé ne sera même pas suffisant pour résoudre les problèmes en Europe.


2/ Mais le pire de ce nouveau plan est l'effacement de 50% de la dette grecque détenue par des investisseurs privés, sous forme de défaut partiel.

Normalement, en cas de défaut de paiement, les contrats de swap (CDS) devraient être déclenchés. Mais apparemment, parce que ce défaut est considéré comme "volontaire", les CDS ne se déclencheront pas.  
 
Le Premier ministre grec George Papandreou reconnaît qu'un certain nombre de banques grecques devront être nationalisées en raison des conséquences sur leurs comptes de l'effacement de la dette. Alors, où  le gouvernement grec va-t-il  obtenir les fonds pour «renflouer» le capital de ses banques ?
 
Et quels seront les impacts sur les taux des autres pays ?
L'année dernière à la même époque, le rendement sur deux années des obligations italiennes était d'environ 2,5%. Maintenant, il est d'environ 4,5%. Comme les investisseurs se rendent compte qu'un défaut, même partiel, est maintenant possible alors ces rendements obligataires vont grimper beaucoup, beaucoup plus haut !
Cela signifie qu'il va devenir beaucoup plus coûteux pour le gouvernement italien d'emprunter, donc de se remettre à flot.

En substance, la décote sur la dette grecque est un signal aux investisseurs qu'ils devraient exiger un taux beaucoup plus élevé sur la dette de l'ensemble des PIIGS. Cela va rendre l'effondrement financier de cet ensemble beaucoup plus probable. Lorsque vous additionnez toutes les dettes, la Grèce, le Portugal, l'Irlande, l'Italie et l'Espagne doivent  3000 milliards d'euros au reste du monde. Si l'Italie ou l'Espagne tombent, le reste de l'Europe sera tout simplement impuissant. Il n'y a tout simplement pas assez d'argent pour renflouer ne serait-ce qu'un de ces deux pays.
 
 
Mais l'Europe et le monde sont sauvés, paraît-il...

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire