Dexia avait annoncé en 2010, avec tambours et trompettes, avoir largement réussi les tests de résistance des banques européennes à des scénarios de dégradations économiques pires que prévu et à une nouvelle crise sur les dettes souveraines. Recapitalisée à hauteur de 6,4 milliards d'euros durant la crise financière par la France, la Belgique et le Luxembourg, Dexia a affiché un ratio Tier One de 10,9% dans un scénario "stressé".
Ce chiffre de 10,9% était à l'époque le plus élevé des quatre autres banques françaises testées (BNP Paribas, Société générale, Crédit agricole et le mutualiste BPCE )!!!
Dans un communiqué la banque avait indiqué que "en conclusion du stress test, il apparaît que Dexia n'aurait pas besoin de fonds propres supplémentaires pour résister au scénario 'dégradé' à deux ans du CEBS, y compris en cas de nouveau choc lié aux dettes souveraines"
Une année plus tard, ce matin du 4 octobre, l'action Dexia perdait plus d'un tiers de sa valeur en l'espace de vingt minutes... en proie à un grave problème de liquidité provenant de son portefeuille d'actifs obligataires, soit pas loin de 100 milliards d'euros. Il semble que Dexia va devoir loger ses actifs pourris dans une bad bank (structure de défaisance qui bénéficierait de la garantie de la France et de la Belgique).
Qu'une banque comme Dexia ayant dépassé la ligne jaune soit démantelée (l'expression politiquement correcte pour dire "fait faillite") ne surprendra personne, par contre ce qui ne cesse de surprendre c'est bien les résultats des stress-tests donnant à l'époque la banque comme solide, résultats présentés hauts et forts par les journalistes de la presse économiques et par les politiques belges et français (notamment ministres).
Mais Dexia c'est aussi une banque de détail avec des millions de clients, et 35000 salariés...
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire