vendredi 13 janvier 2012

La France perd son triple A



"La France perd son triple A", a déclaré à l'AFP une source gouvernementale européenne, précisant que d'autres pays allaient sans doute subir le même sort.






Conséquences :



1/ L'abaissement de la note de la France, deuxième contributeur derrière l'Allemagne des fonds de soutien aux Etats de la zone euro en difficulté financière, risque surtout d'ébranler ces mécanismes qui peinent déjà à endiguer la propagation de la crise.
2/ Les mauvaises nouvelles ne devraient se limiter à la France : L'agence d'évaluation financière menace depuis le 5 décembre d'abaisser la note de 15 Etats de la zone euro, dont les six notés "triple A".



3/ La dégradation de la note française va intervenir au pire moment pour le président Nicolas Sarkozy, qui a longtemps fait du maintien du "triple A" une priorité nationale, à cent jours de l'élection présidentielle à laquelle il sera candidat selon toute vraisemblance.
"Aujourd'hui, la France est une valeur sûre, elle peut rembourser sa dette et les nouvelles concernant notre déficit sont meilleures que prévu", a réagi la ministre du Budget Valérie Pécresse, tout en refusant de confirmer ou de démentir les informations sur la note de son pays.



4/ Ces informations ont fait tomber dans le rouge les places financières en Europe, qui étaient en hausse jusqu'en début d'après-midi dans la foulée de nouvelles émissions obligataires réussies en Italie, signal initialement perçu comme un début d'accalmie après des mois de turbulences.



5/ De son côté, l'euro dégringolait par rapport au dollar, tombant à son plus bas niveau depuis août 2010, à un peu plus de 1,26 dollar.



Quelques (relativement) bonnes nouvelles :



- Les deux autres grandes agences internationales, Moody's et Fitch, attribuent toujours, pour l'instant, un "triple A" à la France.



- Outre l'Allemagne, les Pays-Bas et le Luxembourg vont conserver leur "AAA".



- l'Espagne et l'Italie, les pays les plus exposés, ont réussi leurs premières émissions de dette de l'année jeudi et vendredi.









A lire sur le sujet :



- la perte du triple A pour la France n'est pas une catastrophe selon François Baroin :






- les dégradations récentes des pays européens :












jeudi 15 décembre 2011

L’agression de la Syrie par l’Otan pourrait déraper en un conflit de grande ampleur

La presse israélienne s’est inquiétée de la présence en  Méditerranée de plusieurs navires de guerre russes, mais ce n’est  rien à côté de ceux qui se profilent à l’horizon (Haaretz 18/11/11).

Le porte-avions Maréchal Kouznetsov a quitté Mourmansk le 13 novembre. A bord, une trentaine d’avions de chasse et des d’hélicoptères, des missiles à capacité nucléaire d’une portée de 550 km. Le destroyer anti-sous-marin Amiral Chabanenko fait partie de l’escadre qui l’accompagne.

Après des exercices en mer de Barentz, le Kouznetsov a pris la direction de la Méditerranée orientale via l’Atlantique nord. Il devrait mouiller à Tartous mi-janvier, où il sera sans doute rejoint par des  éléments de la flotte russe de la mer Noire, comme cela a été le cas en  2008.

L’attaque de la Syrie par l’OTAN – France et Turquie en tête - a pour objectif le renversement du président Bachar al-Assad et la mise hors-la-loi du parti Baas syrien.

Abdelhalim Khaddam, ancien vice-président syrien réfugié à Paris, ou Rifaat al-Assad, autre ancien vice-président, réfugié en Espagne, qui complotent concurremment pour s’emparer de la direction du parti, se bercent d’illusions s’ils croient que les Frères Musulmans laisseraient l’un d’entre eux accéder au pouvoir.
Vladimir Poutine : Que la France s’occupe de ses oignons !

Nicolas Sarkozy n’a tiré aucun d’enseignement des conséquences provoquées par l’effondrement du régime libyen. Il s’apprête à reconnaître officiellement le CNS (Conseil National Syrien) qui devrait emménager dans les locaux de l’ambassade, rue Vanneau. Le Canard enchaîné a révélé que des instructeurs du Service action de la DGSE, du COS (Commandement des opérations spéciales) et du MI6 britannique forment les extrémistes armés de l’Armée syrienne libre (ASL) à la guérilla urbaine, au Liban et en Turquie.

Des livraisons d’armes sont effectuées clandestinement. Si la Ligue Arabe le demande – Alain Juppé fait tout pour cela - la France s’associera aux sanctions imposées au peuple syrien, notamment en  suspendant ses transactions financières et commerciales, et les vols vers Damas et Alep. Les Syriens résidant en France, pro-Assad ou simplement opposés à l’agression de leur pays, seront inquiétés,  expulsés ou assignés à résidence.

La diabolisation du régime baasiste et ses déficiences en matière de communication médiatique sont telles qu’il ne faut pas s’attendre à ce que le mouvement anti-guerre mobilise de grandes foules, sauf si la guerre dérape en conflit de grande ampleur.

A Moscou, le 18 novembre dernier, Vladimir Poutine a dit clairement à François Fillon qu’en Syrie la France ferait mieux « de s’occuper de ses oignons ». Sergueï Lavrov, son ministre des Affaires étrangères,a qualifié de « provocations politiques à l’échelle internationale » , les pressions exercées par les Occidentaux sur l’opposition syrienne

mercredi 7 décembre 2011

Avant Bruxelles, Sarkozy et Merkel détaillent leur compromis sur l'euro

A la veille d'un nouveau sommet "crucial" pour l'avenir de l'euro, Nicolas Sarkozy et Angela Merkel ont appelé mercredi leur partenaires européens à instaurer une gouvernance renforcée de la zone euro, accompagnée de discipline budgétaire et de convergence dans certains domaines comme la finance et le travail.
Dans un courrier adressé au président du Conseil européen Herman Van Rompuy, le président et la chancelière ont détaillé leur proposition commune de révision des traités européens, dévoilée lundi à l'Elysée au terme d'intenses tractations, pour tenter d'enrayer la crise des dettes souveraines.
"A côté de la monnaie unique, un pilier économique solide est indispensable, s'appuyant sur une gouvernance renforcée pour assurer la discipline budgétaire ainsi qu'une croissance plus forte et une compétitivité accrue", écrivent-ils.
Le compromis franco-allemand fait la part belle au renforcement de la discipline budgétaire exigé par Berlin, en imposant à tous les pays une "règle d'or" de retour à l'équilibre des finances publiques et des sanctions quasi-automatiques en cas de dérapage, sauf "circonstances exceptionnelles" ou vote contraire à la majorité qualifiée.
M. Sarkozy et Mme Merkel ont précisé que la "règle d'or" devait être adoptée "de préférence au niveau constitutionnel ou équivalent" et que sa conformité pourra être vérifiée par la Cour européenne de justice.
En matière de "solidarité" avec les pays en difficulté, réclamée avec instance par Paris, le Français et l'Allemande ont confirmé leur volonté d'avancer d'un an à 2012 la mise en place du futur Mécanisme permanent européen pour la stabilité (MES) qui doit remplacer le fonds de secours financier (FESF) mis en place dans l'urgence pour voler au secours de la Grèce.
Comme prévu, leur texte ne dit rien du financement de ce MES, qui s'anonce pourtant comme l'un des plats de résistance du sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union européenne qui s'ouvre jeudi soir, après les menaces de l'agence de notation américaine Standard and Poor's de dégrader la note de 15 pays de la zone euro, dont la France et l'Allemagne.
L'Allemagne s'y opposant catégoriquement, la lettre franco-allemande n'a rien dit non plus d'un éventuel renforcement des capacités d'action de la Banque centrale européenne (BCE) sur les marchés, ni de la mise en place d'euro-obligations, envisagée par M. Van Rompuy.
Lors du Conseil des ministres puis devant les députés UMP qu'il recevait à déjeuner, Nicolas Sarkozy a défendu mercredi bec et ongles cet accord, jugeant que "le risque d'explosion (de la zone euro) est prégnant tant que les décisions prises avec Angela Merkel ne sont pas effectives".
Aux eurosceptiques de sa majorité qui s'inquiètent d'un repli face à l'Allemagne ou d'une perte de pouvoir face à Bruxelles, il a répondu en faisant l'inventaire des "concessions" de Mme Merkel et rétorqué que la souveraineté "ne s'exerce pas seul".
M. Sarkozy avait clamé sa volonté d'avancer "à marche forcée" pour conclure un traité "au mois de mars" 2012 et, en cas de blocage prévisible de certains des 27 comme la Grande-Bretagne, affiché sa volonté de faire adopter le compromis franco-allemand par les seuls 17 de la zone euro.
Mais, face aux résistances attendues, il a semblé plus prudent mercredi, ne tablant que sur un "début d'accord" à Bruxelles, selon le député UMP de Paris Bernard Debré.
Avant de rejoindre Bruxelles jeudi soir, Nicolas Sarkozy retrouvera à la mi-journée Angela Merkel à Marseille, pour la réunion annuelle des partis de droite européens, et y prononcera un discours.
Un autre réunion du couple franco-allemand est prévue dans la capitale belge avant le dîner à 27, avec le chef du gouvernement italien Mario Monti et les chefs du Conseil et de la Commission européenne, de la BCE et de l'eurogroupe.

Philippe ALFROY (AFP)Source : http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5gmoglExVqIQciXxjiMxkf1rHLagA?docId=CNG.9a0e7ce02ea6ed64f0fed596bcddd21b.f1

mardi 6 décembre 2011

Situation critique pour les meilleurs élèves de la zone euro

source : Le Point.fr - Publié le 06/12/2011 à 15:15

La France a été le pays le plus sévèrement menacé lundi par l'agence de notation Standard & Poor's.


La mise sous surveillance négative de 15 des 17 pays de la zone euro par l'agence Standard and Poor's, lundi, menace le triple A de six pays, sur les quatorze qui détiennent actuellement la note optimale auprès des trois grandes agences de notation. Quatorze pays au monde, parmi lesquels onze européens, bénéficient d'une note "triple A", la meilleure possible, auprès des trois agences Standard and Poor's, Moody's et Fitch.

Mais le couperet se rapproche pour les meilleurs élèves de la zone euro. S&P a placé "sous surveillance négative" les notes de l'Allemagne, l'Autriche, la Finlande, la France, le Luxembourg et des Pays-Bas. La note de solvabilité de la France est menacée d'un abaissement de "deux crans", à "AA". Pour les cinq autres pays notés "AAA", l'agence ne prévoit, dans le pire des cas, qu'un abaissement d'un cran, à "AA+". La France et l'Autriche sont notées "AAA" par S&P depuis 1975, les Pays-Bas depuis 1988, l'Allemagne depuis 1989, le Luxembourg depuis 1994, et la Finlande depuis 2002.

Le reste de l'Europe n'est pas concerné. Le Danemark, la Norvège, le Royaume-Uni, la Suède et la Suisse jouissent ainsi d'une perspective stable, c'est-à-dire que leur note ne devrait pas changer dans les 6 à 24 mois. Le Canada, l'Australie et Singapour complètent la liste des pays considérés les plus sérieux.
La situation est plus contrastée pour les autres pays membres du G20 ou de l'Union européenne, où seuls les États-Unis profitent d'un "AAA" chez deux des trois agences. Les États-Unis, dégradés à "AA+" chez S&P, ont toujours la meilleure note chez ses deux concurrentes. Toutefois le statut d'emprunteur du pays est largement écorné, alors que les trois agences ont placé leurs notes sous perspective négative.

S&P mets sous surveillance négative la note de 15 pays de la zone euro.




Pourquoi Standard & Poor's a-t-elle mis sous surveillance la note de 15 pays de la zone euro ?

L'agence de notation pointe quatre critères purement économiques, au premier rang desquels le resserrement du crédit dans la zone euro. Viennent ensuite la pression exercée par les marchés sur les dettes souveraines, y compris sur celle des pays notés AAA, le haut niveau d'endettement public et privé dans de nombreux pays ou encore l'augmentation du risque de récession dans l'ensemble de la zone en 2012. En Grèce, au Portugal, mais aussi en Espagne, S&P s'attend même à une baisse du PIB sur l'ensemble de l'année.
Mais son jugement est aussi politique. S&P craint la mésentente des dirigeants européens sur la meilleure manière de résoudre la crise de confiance et, à long terme, d'assurer la convergence des économies des économies de la zone.

Pourquoi la France est-elle particulièrement visée ?
Notre pays, encore noté triple AAA par les trois grandes agences de notation, est menacé d'être dégradé de deux crans. Il est le seul dans ce cas. S&P s'interroge notamment sur la capacité de Paris à tenir sa trajectoire de redressement du déficit budgétaire pour atteindre 4,5 % en 2012. Le gouvernement table sur une prévision de croissance de 1 % pour tenir les comptes, alors que l'agence américaine prévoit plutôt 0,5 %. Celle-ci critique également la prévision de croissance optimiste du gouvernement de 2 % pour 2013-2016, même si elle adresse un satisfecit à François Fillon pour avoir pris les mesures de correction lorsque c'était nécessaire.
Dans sa note, S&P s'inquiète par ailleurs de l'état des banques françaises. Elle parle notamment d'un "accès plus compliqué au financement", alors que les besoins en la matière seront "considérables" en 2012. "Le sujet de la liquidité, ainsi que la détérioration de la qualité des portefeuilles de titres et de prêts détenus par les banques françaises pourraient, selon nous, augmenter le risque d'un besoin d'injection de capitaux publics", estime l'agence. Une analyse rejetée par le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer. Selon lui, s'interroger sur la santé des banques hexagonales est devenu "une mode sur certaines places étrangères".
Reste que, depuis le mois d'août, celles-ci empruntent effectivement plus difficilement sur les marchés en dollars, elles qui en étaient jusqu'ici grandes consommatrices. Mais il est aussi vrai qu'elles ont déjà commencé à réduire leur dépendance en billets verts et que les grandes banques centrales se sont entendues pour leur en fournir à moindre coût. La Banque centrale européenne (BCE) pourrait par ailleurs sécuriser leur approvisionnement en euros, grâce à des prêts de deux ou trois ans.

La menace de S&P sur l'ensemble de la zone euro est-elle justifiée ?
Pour Christian Noyer, elle répond "à des critères davantage politiques qu'économiques" et est "complètement à contretemps", alors que l'Allemagne et la France viennent de présenter leur projet de réforme des traités lundi à Paris... "Le moment choisi pour lancer cet avertissement et son ampleur ont un contexte clairement politique", renchérit l'Autrichien Ewald Nowotny, membre du conseil des gouverneurs de la BCE. De son côté, le chef de file des ministres des Finances de la zone euro, Jean-Claude Juncker, dénonce une menace "exagérée et aussi injuste" de S&P.
Selon Norbert Gaillard, spécialiste des agences de notation, les critiques sur le timing de l'annonce sont infondées, car la décision de l'agence "était prévisible". Ce spécialiste, qui vient de publier A Century of Sovereign Ratings (Un siècle de notation souveraine) chez Springer, reconnaît toutefois que la mise sous surveillance négative de l'ensemble des pays de la zone euro, excepté Chypre - qui était déjà sous surveillance - et la Grèce - dont la note exprime déjà la probabilité d'un défaut - "est assez problématique, car c'est susceptible de créer une défiance vis-à-vis de l'ensemble de la zone euro et vis-à-vis de la monnaie unique elle-même".

La dégradation des notes est-elle inéluctable ?
"Il y aura très certainement une dégradation de la note de tous les pays qui ont été mis sous surveillance négative", estime Norbert Gaillard. Il rappelle que "depuis 20 ans que les mises sous surveillance négative existent, elles se sont terminées dans 70 % des cas par une dégradation de la note concernée". Une probabilité renforcée par le calendrier serré de l'agence ("le plus tôt possible après le sommet européen des 8 et 9 décembre"), qui prend d'habitude plus de temps lorsqu'elle décide de maintenir finalement la note concernée.

Qu'est-ce qui pourrait dissuader S&P de passer à l'acte ?
Dans son communiqué sur la mise sur surveillance des pays de la zone euro, l'agence affirme qu'elle va se pencher sur la politique de la BCE. Et déterminer si l'institution de Francfort fera suffisamment preuve de souplesse pour faire retomber la tension économique et financière dans la zone euro. En clair, si elle est prête à accentuer ses rachats de dettes souveraines sur le marché secondaire ou même à "s'affranchir de la situation qui est prévue par le traité" en rachetant des dettes publiques dès leur émission par les États, explique Norbert Gaillard. Mario Draghi, son nouveau président, a laissé une porte entrouverte, jeudi dernier, devant le Parlement européen, en indiquant que la BCE "pourrait faire plus si les gouvernements de la zone euro adoptai[ent] le pacte budgétaire qu'elle appelle de ses voeux pour éviter un renouvellement de la crise actuelle". Une belle unanimité sur la réforme des traités au Conseil européen des 8 et 9 décembre pourrait donc inciter l'agence de notation américaine à se montrer clémente. Même si, pour Norbert Gaillard, cette seule décision ne sera pas suffisante pour éviter une dégradation.

Comment les marchés réagissent-ils ?
Beaucoup d'analystes s'accordent pour dire que les marchés avaient déjà largement anticipé une dégradation des notes en zone euro. Les Bourses européennes n'ont d'ailleurs pas dévissé mardi, pas plus que les places américaines n'ont ouvert en baisse. Les titres des banques françaises résistent assez bien. Reste à savoir si les investisseurs garderont toujours leur calme en cas de dégradation effective.

Est-ce grave docteur ?
En plaçant la zone euro sous surveillance négative, S&P prend le risque d'aggraver la crise de confiance qu'elle considère comme une des principales causes de sa décision... Les investisseurs risquent de fuir encore un peu plus la dette souveraine européenne, ce qui aurait pour effet d'augmenter le coût de financement des États. D'autant que l'Italie, l'Espagne et la France, pour ne parler que de pays les plus à risque, vont devoir lever sur les marchés des montants colossaux de dette en 2012. À lui seul, l'Hexagone va devoir trouver 179 milliards d'euros. Or, un "choc de 1 % sur l'ensemble des taux (5 ans, 10 ans, 30 ans, NDLR) à compter de 2012 par rapport aux hypothèses actuellement retenues susciterait (...) une augmentation de la charge de la dette (...) de près de 2 milliards d'euros en 2012", note la commission des Finances du Sénat. Si ce choc devait perdurer, le coût s'envolerait au fur et à mesure du renouvellement du stock de la dette pour atteindre 8,6 milliards en 2016 et 14 milliards d'euros en 2021 ! Cette hausse est d'autant plus probable que la France emprunte actuellement à des taux très bas : 2,79 % en moyenne sur l'ensemble de l'année 2011 contre 4,15 % avant l'éclatement de la crise financière de 1998 à 2007. S'ils devaient monter à 7 % comme cela a été observé pour ses grands voisins du Sud, ce serait une catastrophe.
D'ores et déjà, la décision de S&P porte un coup mortel au Fonds européen de stabilité financière (FESF). Placé lui aussi mardi sous surveillance négative, il ne pourra plus non plus emprunter à des taux raisonnables pour prêter aux États en difficulté, la qualité de sa signature reposant sur la solidité des pays AAA de la zone euro.
Enfin, la dégradation des notes souveraines aurait des conséquences négatives sur les banques qui détiennent énormément d'obligations dans leur portefeuille. Elles pourraient alors se retrouver contraintes à les vendre, accentuant encore le cercle vicieux. À terme, c'est bien l'euro lui-même qui pourrait être menacé.

Source :
http://www.lepoint.fr/economie/zone-euro-sonnee-mais-pas-encore-k-o-06-12-2011-1404515_28.php

dimanche 4 décembre 2011

Selon Delors, l'euro était sur de mauvaises bases dès son lancement







Les erreurs commises lors de la création de la zone euro sont en partie responsables de la crise de la dette, estime Jacques Delors dans un entretien publié vendredi par Le Daily Telegraph.


L'ancien président de la Commission européenne, qui est l'un des pères de la monnaie unique, juge en outre insuffisantes et trop tardives les initiatives des dirigeants européens actuels pour la soutenir.


La crise actuelle, dit-il, est imputable à "une erreur d'exécution" commise par les responsables qui ont supervisé l'introduction de l'euro. Ils ont délibérément fermé les yeux sur les faiblesses de certains Etats membres et sur les déséquilibres qui en découlaient, poursuit Jacques Delors, qui fut aux commandes de l'exécutif européen de 1985 à 1995.
"Les ministres des Finances refusaient de voir tout ce qui était désagréable et qu'ils auraient été contraints de régler.


Les Anglais «n'avaient pas tort»

"Chacun doit procéder à un examen de conscience", poursuit l'ancien ministre socialiste, âgé de 86 ans, selon lequel tous les Etats membres partagent les torts.
Il pointe toutefois l'Allemagne pour son hostilité à toute intervention de la Banque centrale européenne en faveur des pays les plus endettés.
La crise de la zone euro tient, selon lui, à "une combinaison de l'obstination allemande en matière de contrôle monétaire et d'absence de projet clair de la part des autres Etats".

L'ex-président de la Commission européenne dit en outre partager les réserves exprimées en Grande-Bretagne avant même le lancement de l'euro. Lorsque les "Anglo-saxons" disaient qu'une banque et une monnaie uniques sans gouvernement central seraient instables par nature "ils n'avaient pas tort", ajoute-t-il.





En complément :


Jacques Delors : Président de la Commission Européenne de janvier 1985 à Décembre 1994.

Pendant son long mandat, ont lieu l’élargissement de l’Europe communautaire, l’adoption de l’Acte unique européen, la réforme de la politique agricole commune (PAC, associée à la création du Programme européen d'aide aux plus démunis, Delors soutenant la proposition de Coluche), la signature des accords de Schengen et du Traité de Maastricht (1992). (source : wikipedia)


mardi 22 novembre 2011

Les trois erreurs de l'Union Européenne


Article paru dans Valeurs Actuelles - 22/11/2011.

Si on ignore comment les Etats d’Europe financent leur dette, on ne comprend pas pourquoi une banale agence de notation les fait trembler. On ne comprend pas davantage pourquoi la défaillance de la Grèce a pris des allures de tragédie antique. On se perd enfin un peu plus dans le labyrinthe institutionnel européen où l’on cherche désespérément la sortie de la crise.

Dans la zone euro qui réunit les 17 Etats ayant adopté la monnaie unique, la Grèce est, parmi les Etats les plus faibles, celui qui a alourdi sa dette plus que de raison. La récession économique de 2008 a aggravé la situation et les marchés financiers, sur lesquels elle se finance, doutant de sa capacité de remboursement, ont fait grimper les taux d’intérêt. Pour éviter l’effondrement grec et tenir compte des inquiétudes inspirées par l’Irlande et le Portugal, l’Europe a crée un système de soutien financier porté de 440 à 1000 milliards d'euros virtuels (*1). Il est déjà dépassé.

Voilà donc un petit pays qui plonge l‘Europe dans une belle panique et la contraint à ouvrir son portefeuille pour la troisième fois en 18 mois. Votre voisin dépense et c’est vous qui réglez la note. Une telle situation est inimaginable sauf pour les gouvernements qui, en 2001, ont introduit la Grèce dans la zone euro, sachant que cet Etat, défaillant, serait incapable de tenir ses engagements au premier coup de tabac. Mais l’Europe expansive d’alors n’envisageait pas les crises.

Cet excès d’optimisme, qui a consisté à créer une zone monétaire dépourvue des moyens de contrôle des budgets de ses membres, fut la première erreur.(*2) La seconde fut d’en ouvrir la porte à une Grèce où l’impôt est une insulte faite au contribuable.

Alors, direz-vous, il suffit d’exclure momentanément la Grèce de la zone afin qu’elle prenne les mesures adaptées à ses capacités productives. C’est du bon sens, mais l’Europe s’y refuse, moins par solidarité que par crainte de l’effet que cette décision produirait sur les marchés. Les revoilà, ces maudits ! Eh oui, nous avons réussi l’exploit de nous mettre entre leurs mains avides et nos finances sont dans un état tel que la moindre hausse des taux nous fait perdre la tête. Il faut donc « sauver le soldat grec » et cette obstination est la troisième erreur européenne. La Grèce ne paiera rien car elle en est incapable et au bord du chaos. Il faudra donc recourir sans fin à des stratagèmes financiers qui échoueront. Les contribuables français et allemands, appelés à titre principal en garantie des soutiens accordés aux Grecs, feront les frais de cette politique.

Ainsi, on voit bien que la crise n’est pas celle de l’euro mais celle de l’endettement. La meilleure preuve est que notre monnaie unique ne se déprécie pas sur les marchés et met tous les membres de la zone en difficulté, sauf l’Allemagne qui a su imposer à Maastricht son mode de gestion de la monnaie. La compétitivité de son industrie la met à l’abri des inconvénients d’un euro fort qui pénalise les exportations de ses partenaires européens.(*3)

Lire la suite : Valeurs Actuelles, article de Caude Valleix

(*1) le FESF a en fait été créé avec 250 milliards d'euro, puis augmenté à 480 en octobre. C'est 2 semaines après cette augmentation qu'il a été élargi à 1000 milliards... de manière théorique car en réalité il ne dispose actuellement que de 250 milliards d'euros et se trouve bien incapable d'apporter une aide massive à l'Italie.
(*2) L'auteur de l'article considère comme une erreur de ne pas avoir été assez loin dans le fédéralisme, au moment de la création de l'euro.
Or, si l'on avait dit aux français, que la monnaie unique allait imposer aux Nations d'accepter une instance européenne de contrôle des budgets, il est certain que cela aurait fait échouer le référendum sur le Traité de Maastricht.
(*3) Là aussi, l'analyse de l'auteur est contestable : L'Allemagne est presque aussi endettée que la France mais ne semble pas subir autant la crise.
Voir analyse prochaine.

vendredi 18 novembre 2011

Extraits croustillants du dernier GEAB

Nous arrivons vers la fin du second semestre 2011 et 15.000 milliards d'actifs-fantômes se sont bien envolés en fumée depuis Juillet dernier comme anticipé par LEAP/E2020 (GEAB N°56 ). Et, selon notre équipe, ce processus va se poursuivre au même rythme tout au long de l'année en venir. Nous estimons en effet que, avec la mise en place de la décote de 50% sur les dettes publiques grecques, la crise systémique globale entre dans une nouvelle phase : celle de la décote généralisée des dettes publiques occidentales et de son corollaire, la fragmentation du marché financier mondial. Notre équipe considère que 2012 va voir une décote moyenne de 30% de l'ensemble des dettes publiques occidentales auquel s'ajoutera un montant équivalent de disparition d'actifs des bilans des établissements financiers mondiaux. Concrètement, LEAP/E2020 anticipe donc la disparition de 30.000 milliards d'actifs-fantômes d'ici le début 2013 et l'accélération courant 2012 du processus de partition du marché financier mondial en trois grandes zones monétaires de plus en plus déconnectées : Dollar, Euro, Yuan. Ces deux phénomènes se nourrissent l'un l'autre. Ils vont notamment être à l'origine de la baisse de 30% de la devise US en 2012, comme nous l'avons annoncé en Avril dernier (GEAB N°54 ), sur fond de forte réduction de la demande de Dollars US et d'aggravation de la crise de dette publique US. La fin 2011 va donc voir, comme prévu, le détonateur des dettes publiques européennes déclencher l'explosion de la bombe US.

Dans ce GEAB N°59 nous analysons donc en détail cette nouvelle phase de la crise ainsi que la prochaine aggravation de la crise de dette US. Par ailleurs, nous commençons à présenter, comme annoncé dans les GEAB précédents, nos anticipations sur l'avenir des Etats-Unis pour la période 2012-2016 en commençant par un aspect fondamental des relations euro-américaines (et plus généralement du monde tel qu'on le connaît depuis 1945), à savoir la relation militaire stratégique USA-Europe : nous estimons qu'en 2017 le dernier soldat US aura quitté le sol de l'Europe continentale. Enfin, LEAP/E2020 présente ses recommandations ; ce mois-ci : devises, or, retraites par capitalisation, secteur financier, matières premières.

Dans ce communiqué public nous avons choisi de présenter les éléments qui déterminent la prochaine aggravation de la crise de la dette US, tout en faisant le point sur les conséquences du sommet européen de la fin Octobre et du sommet du G20 de Cannes.

Comme anticipé par LEAP/2020 depuis plusieurs mois, le sommet du G20 de Cannes s'est révélé être un échec flagrant puisqu'il n'a accouché d'absolument aucune mesure significative, se révélant incapable d'aborder les questions du changement de système monétaire international, de la relance de l'économie mondiale et de la réforme de la gouvernance globale. Si la question grecque a pris une telle place au cours de ce sommet, c'est notamment parce que ce dernier n'avait aucun contenu. George Papandreou a ainsi permis aux dirigeants du G20 de « faire comme si » la Grèce avait perturbé leurs travaux alors que, en fait, elle leur a permis de cacher en partie leur impuissance à définir le moindre agenda commun. Parallèlement, les décisions du sommet européen de la semaine précédant le G20 illustrent désormais de manière officielle l'émergence de l'Euroland (doté notamment de deux sommets spécifiques chaque année et affirment de facto sa primauté décisionnelle au sein de l'UE. La pression de la crise a également permis en quelques jours de renforcer les capacités politiques de l'Euroland à progresser sur le chemin d'une intégration accrue, préalable à toute évolution positive vers le monde d'après la crise .

Ainsi un gouvernement d'unité nationale s'est enfin mis en place en Grèce, où il faut littéralement construire un Etat moderne doté d'un cadastre, d'une administration efficace et permettant aux Grecs d'être des citoyens « normaux » de l'Euroland et non pas des sujets d'un système féodal où grandes familles et église se partage la richesse et le pouvoir. Trente ans après son intégration sans conditions dans la Communauté européenne, la Grèce va devoir passer par une phase de transition de cinq à dix ans comme l'ont connue les pays d'Europe centrale et orientale avant leur accession à l'UE : douloureux, mais inévitable.

Ainsi, l'Italie est enfin parvenu à se débarrasser d'un leader typique du monde d'avant la crise caractérisé par son « bling-bling », son affairisme, son rapport sans scrupules à l'argent, son autosatisfaction tout aussi récurrente qu'infondée, sa main-mise médiatique, son eurocriticisme récurrent et son nationalisme de pacotille , et bien entendu sa libido débordante. Les scènes de joie dans les rues italiennes montrent qu'il n'y a pas que du mauvais dans la crise systémique globale ! Comme nous l'indiquions dans le GEAB précédent, nous considérons même que 2012 sera pour l'Euroland l'année de transition permettant d'entamer la construction du monde d'après … et non pas seulement de subir la déconfiture du monde d'avant la crise.

Ainsi le Royaume-Uni est tout simplement définitivement « mis à la porte » des réunions de l'Euroland. Et les autres pays membres de l'UE hors zone Euro se sont à nouveau regroupés derrière l'Euroland en refusant de soutenir la proposition britannique d'un droit de véto des 27 sur les décisions de l'Euroland. La dérive du Royaume-Uni connaît donc un coup d'accélérateur illustré par les tentatives accrues des Eurosceptiques britanniques (qui sont généralement les fantassins de la City (14)) pour tenter de couper au plus vite le maximum de liens avec l'Europe continentale (15). Loin d'être une preuve du succès de leur politique, c'est au contraire un aveu d'échec complet (16) : après vingt ans de tentatives ininterrompues, ils n'ont pas réussi à briser le processus d'intégration européenne qui reprend de plus belle sous la pression de la crise. Ils tentent donc de « larguer les amarres » par crainte (fondée d'ailleurs ) de voir le Royaume-Uni obligé de se fondre dans l'Euroland d'ici la fin de cette décennie .

Sur le fond, c'est une fuite en avant désespérée qui, comme le souligne Will Hutton dans un article remarquable de lucidité paru dans le Guardian du 30/10/2011, ne peut conduire le Royaume-Uni qu'à l'éclatement avec une Ecosse qui veut revendiquer non seulement son indépendance mais également son ancrage européen, et à une situation socio-économique de marché financier off-shore sans protection sociale ni base industrielle : en résumé, un Royaume-Désuni à la dérive !

Et l'allié américain étant dans un état aussi désespéré, la dérive peut s'éterniser pour le plus grand malheur du peuple britannique qui se montre de plus en plus agressif avec la City. Même les anciens combattants commencent à rejoindre le mouvement Occupy the City : visiblement, sur ce point, il y a une étonnante convergence de points de vue entre l'Euroland et le peuple britannique !

Pour se consoler, les financiers britanniques pourront se dire qu'ils détiennent la plus grande proportion d'actifs publics japonais hors Japon … mais au moment où le FMI met en garde de plus en plus fermement le Japon sur le risque systémique de sa dette publique qui dépasse les 200% du PIB, est-ce bien une consolation ?

Puisque nous parlons d'endettement public, il est temps de revenir aux Etats-Unis. Les toutes prochaines semaines vont en effet rappeler au monde que c'est bien ce pays, et non pas la Grèce, qui est l'épicentre de la crise systémique globale. Dans une semaine, le 23 Novembre, la « supercommission » du Congrès en charge de réduire le déficit fédéral US devra avouer son échec à trouver les 1.500 Milliards USD d'économies sur dix ans. Chaque parti affûte déjà ses arguments pour faire porter la faute de l'échec sur l'autre camp. Quand à Barack Obama, en-dehors de ses minauderies télévisées avec Nicolas Sarkozy, il contemple passivement la situation tout en constatant que le Congrès a mis en pièce son grand projet de plan pour l'emploi présenté en fanfare il y a à peine deux mois. Et ce n'est pas l'annonce complètement irréaliste d'une nouvelle union douanière du Pacifique (sans la Chine) à la veille d'un sommet de l'APEC où Chinois et Américains s'affrontent de plus en plus durement, qui va renforcer sa stature de chef d'Etat et encore moins ses chances de réélection.

Cet échec prévisible de la « supercommission », qui ne fait que refléter la paralysie totale du système politique fédéral américain, va avoir des conséquences immédiates et très lourdes : une nouvelle série de dégradation de la note de crédit des Etats-Unis. L'agence chinoise Dagon a ouvert le feu en confirmant qu'elle allait à nouveau baisser cette note en cas d'échec de la « supercommission » . S&P va probablement faire baisser encore d'un cran la note US et Moody's et Fitch n'auront plus d'autres choix que de se mettre au diapason puisqu'elles avaient donné un répit jusqu'à la fin de l'année sous condition de résultats en matière de réduction du déficit public. Au passage, pour essayer de diluer l'information négative pour les Etats-Unis, il est fort probable qu'il y aura une tentative de relancer la crise de l'endettement public dans la zone Euro en abaissant la note de la France pour affaiblir le Fonds Européen de Stabilisation Financière.

Tout cela prépare une fin d'année très mouvementée sur les marchés financiers et monétaires et va entraîner des chocs violents dans les systèmes bancaires occidentaux et, au-delà, pour tous ceux qui sont détenteurs de Bons du Trésor US. Mais au-delà de l'échec de la « supercommission » à réduire le déficit fédéral, c'est toute la pyramide de l'endettement US qui va être à nouveau auscultée, dans un contexte de récession mondiale et bien entendue américaine : chute des recettes fiscales, poursuite de l'augmentation du nombre de chômeurs et en particulier des chômeurs qui ne reçoivent plus d'indemnités, poursuite de la chute des prix de l'immobilier, …

Gardons à l'esprit que la situation de l'endettement privé US est nettement pire que celle de la Grèce ! Et que dans ce contexte, nous sommes à un doigt de la panique générale à propos de la capacité des Etats-Unis à rembourser leur dette autrement qu'avec des Dollars dévalués. Cette fin 2012 va donc conduire nombre de détenteurs de la dette américaine à se poser sérieusement la question de cette capacité et du moment où elle sera soudainement mise en doute par les opérateurs.

Que peuvent proposer les Etats-Unis après un échec de la supercommission ? Pas grand-chose en fait, surtout en année électorale. D'une part car elle a été créée parce que le reste ne fonctionnait pas ; d'autre part car la question n'est pas tant le montant que l'aptitude à entreprendre une réduction significative dans la durée. Et l'échec de la « supercommission » sera justement perçu comme l'incapacité des Etats-Unis à affronter le problème du déficit.

Pour ce qui est du montant, un rapide calcul envoyé par un des lecteurs américains du GEAB permet de constater à quel point les « efforts » de réduction budgétaire envisagés actuellement sont ridicules par rapport aux besoins:

Si l'on considère le budget fédéral des Etats-Unis comme celui d'un ménage, les choses s'éclairent. Il suffit d'enlever 8 zéros pour avoir un budget qui signifie quelque chose pour chaque citoyen :

Revenu familial annuel (impôts sur le revenu) : + 21 700
Dépenses familiales (budget fédéral) : + 38 200
Nouvelles dettes sur la carte de crédit (dette nouvelle) : + 16 500
Bilan des dettes passées sur la carte de crédit (dette fédérale) : + 142 710
Réductions budgétaires déjà réalisées : - 385
Objectif de réduction budgétaire de la super-commission (pour une année) : - 1 500

Comme on peut facilement le constater, la « supercommission » (tout comme le Congrès dans son ensemble en Août dernier) ne parvient même pas à s'entendre pour réduire de 10% …. l'augmentation annuelle de la dette fédérale. Car il s'agit bien de cela : contrairement à l'Europe qui, en quelques mois, invente de nouveaux mécanismes et réduit très fortement ses dépenses et son endettement futur, les Etats-Unis continuent à s'enfoncer à pleine vitesse dans un endettement croissant. D'ailleurs, pour le semestre à venir, Washington prévoit d'émettre 846 Milliards USD de Bons du Trésor, soit 35% de plus que l'année dernière à la même époque.


On a vu avec la faillite du fonds d'investissement MF Global comment les maîtres de Wall Street pouvaient s'effondrer d'un seul coup du fait de leurs erreurs de stratégie sur l'évolution des dettes publiques européennes. Jon Corzine n'est pas Bernard Madoff. En terme de sens moral, il doit certes en être proche mais, pour le reste, rien de comparable. Madoff était un franc-tireur de Wall Street alors que Corzine c'est la grande aristocratie : ancien PDG de Goldman Sachs, ancien gouverneur du New Jersey, principal donateur de la campagne Obama pour 2012, pressenti pour remplacer Tim Geithner au poste du Secrétaire d'Etat au Trésor en Août dernier, … et de facto l'un des « créateurs » d'Obama en 2004. On touche ici au cœur de la relation incestueuse Wall Street/Washington que dénonce désormais une majorité d'Américains.

Ainsi en Août encore il apparaissait comme un « intouchable » au sommet de Wall Street ; et pourtant il s'est trompé entièrement sur l'évolution des événements. Il a cru que le monde d'avant continuait et que, comme « toujours », les créanciers privés seraient remboursés « rubis sur l'ongle ». Résultat : des pertes énormes et une faillite qui fait perdre beaucoup d'argent à ses clients et met 1.600 employés à la rue.

Nous avons annoncé dans le GEAB précédent que nous entrions dans la phase de décimation des banques occidentales. Cette phase a donc bien débuté et les clients de l'ensemble des opérateurs financiers (banques, assurances, fonds d'investissements, fonds de pension) doivent dorénavant se poser des questions sur la solidité de ces institutions. Et comme le montre le cas Corzine, ils ne doivent surtout pas supposer que parce que ces institutions ou leurs dirigeants sont connus et dotés d'une solide réputation, elles sont a priori plus solides que les autres. Ce n'est pas la bonne connaissance des règles du jeu financier d'hier (qui a fait leur réputation) qui compte désormais, c'est l'aptitude à comprendre que les règles du jeu ont changé qui est devenue déterminante.

mardi 15 novembre 2011

Draghi, Papadimos, Monti : le putsch de Goldman Sachs sur l’Europe

Photo de Mario Monti



Mario Draghi est le nouveau patron de la Banque centrale européenne (BCE).
Loukas Papadimos vient d’être désigné comme premier ministre grec.
Mario Monti(*) est pressenti comme président du conseil italien.


Ce sont trois financiers formés aux Etats-Unis, dont deux anciens responsables de la sulfureuse banque Goldman Sachs. Est-il bien raisonnable de recruter les incendiaires comme pompiers ?


Explications.

Mon premier s’appelle Mario Draghi. Il est diplômé d’économie du Massachussetts Institute of Technology (MIT). Il a été chargé des privatisations italiennes de 1993 à 2001. Il est devenu gouverneur de la Banque d’Italie en 2006. De 1993 à 2006, il a siégé dans divers conseils d’administration de banques. De 2002 à 2006 il a été vice-président pour l’Europe de Goldman Sachs, la sulfureuse banque d’affaires américaine. Il vient d’être nommé président de la Banque centrale européenne (BCE).

Mon second s’appelle Loukas Papadimos. Lui aussi est diplômé du Massachussetts Institute of Technology (MIT). Il a été professeur à l’Université américaine de Columbia avant de devenir conseiller économique de la Banque de réserve fédérale de Boston. De 1994 à 2002, il a été gouverneur de la Banque de Grèce : poste qu’il occupait quand la Grèce s’est « qualifiée » pour l’euro, grâce à des comptes falsifiés par Goldman Sachs. Puis, il a été vice-président de la Banque centrale européenne (BCE). Il vient d’être nommé, sur pression de l’Union européenne et du G20, premier ministre de Grèce avec le soutien des deux partis dominants.

Mon troisième s’appelle Mario Monti. Il est diplôme de l’Université de Yale. Il a étudié le comportement des banques en régime de monopole. Puis il a été durant dix ans commissaire européen, de 1994 à 2004. D’abord « au marché intérieur et aux droits de douane » (ou plutôt à leur suppression) puis à la concurrence. Membre de la Trilatérale et du groupe de Bilderberg – selon Wikipédia – il a été nommé conseiller international de Goldman Sachs en 2005. Il vient d’être nommé sénateur à vie et l’Union européenne et le G20 tendent de l’imposer comme président du conseil italien.

Mon tout c’est trois financiers européens (?), trois hommes de la superclasse mondiale, formés dans les universités américaines et étroitement liés à Goldman Sachs.

« Government Sachs » : aux commandes de l’Europe ?

La banque Goldman Sachs est surnommée aux États-Unis « government Sachs » tant elle est influente sur le gouvernement américain.

Le secrétaire au Trésor de Clinton, Robert Rubin, qui procéda à la dérégulation financière, venait de Goldman Sachs. Tout comme le secrétaire au Trésor de Bush, Hank Paulson, qui transféra aux États les dettes pourries des banques, lors de la crise financière. L’actuel président de Goldman Sachs, Llyod Blankfein, aime à dire qu’il « fait le métier de dieu ».

En fait, Goldman Sachs est au cœur de la prédation financière et elle est impliquée dans de nombreux scandales financiers : celui des « subprimes », celui de la tromperie de ses clients (à qui elle recommandait d’acheter des produits financiers sur lesquels elle spéculait à la baisse), celui du maquillage des comptes grecs.
Ce sont les hommes de Goldman Sachs qui sont aujourd’hui poussés aux commandes. Par quels moyens ? Et pour quelles fins ? Faire prendre en charge par les peuples les fautes des banques ? Faire sauver l’Amérique par les Européens ?
Dans six mois – et sauf imprévu – les Français vont élire un nouveau président de la République : il serait prudent de leur part de demander aux trois principaux candidats (en l’état, François Hollande, Marine Le Pen et Nicolas Sarkozy) de s’engager à ne pas se faire imposer comme premier ministre un… ancien de chez Goldman Sachs.


source : Polémia


Olivier Delamarche - Que fait la police que fait super Mario ?

vendredi 11 novembre 2011

11 novembre : la fleur au fusil

La BCE prête aux banques à 1.25%, les banques refourguent le prêt à la France à 3.46%.

Nous nous suicidons.